‹ BercyChapitre 5 sur 133 · Collection Georges Hartmann · texte numérisé non relu

Collection Georges Hartmann

la rue Grange aux Merciers et Conflans, d’autre part : 845.000 mètres superficiels.

20 La plaine de Bercy, située de l’autre côté de la rue de Charenton, vendue pour l’agrandissement du Bois de Vincennes : 927.200 mètres superficiels, soit, au total : 1 .772.200 mètres carrés de terrains, environ.

Après le sacrifice suprême, après que tout fut vendu, dépecé, morcelé ; avant la prise de possession par les terrassiers, démolisseurs, constructeurs, géomètres et ingénieurs, on crut bon de laisser quelques heures de répit à l’infortuné domaine en lui accordant une dernière réjouissance, populaire cette fois, comme pour montrer que c’était au peuple qu’il retournait.

Au milieu d’août 1864, par un beau dimanche d’été, une fête foraine fut organisée sur les pelouses de Bercy, dans laquelle on vit des jockeys et des amazones courir le steeplechase ; l’homme-canon et la mâchoire de fer accomplir leurs prouesses ; Blandin marcher, s’asseoir, se coucher et se relever sur le fil aérien :

Point d’amphithéâtre, dit le journal qui nous renseigne, point de stalles : des chaises sous les marronniers et les tilleuls centenaires, ni gêne, ni contrainte, liberté pleine et entière d’aller et de venir, de regarder à sa fantaisie le spectacle, l’oiseau qui vole, ou le rayon de soleil qui darde ses flèches à travers le feuillage. Le public a trouvé charmant qu'on le laissât ainsi maître de ses plaisirs et il reviendra au parc de Bercy, car la fête de dimanche aura des lendemains. Voilà donc le domaine de Malon devenu gare de chemin de fer, hameau bourgeois, entrepôt de vins et hippodrome. O mon siècle, je te reconnais bien là 1 !

Nous avons parlé plus haut de la seigneurie de la Grange aux Merciers réunie à celle de Bercy en 1624 et vendue à M. de Bercy par le sieur de La Râpée. Cette acquisition avait certainement pour but d’augmenter le domaine de Bercy, et il

1, L'illustràtion, n° du >3 août i86q. — Courrier de Paris , signé : X. Feyrnet,

est au moins permis de supposer que ses dépendances attenaient aux biens des Malon et se trouvaient aux environs de la petite terre de La Râpée et du chemin de la Grange aux Merciers.

Nous n’en voulons pour preuve que la quittance ci-après, concernant une terre sise dans la dite seigneurie et située, d’après les pièces du dossier, dans la Vallée de Fécarnp, proche le moulin de Bercy et voisine du clos deM. de Malon et du fond de ses terres. Elle est indiquée comme : « tenant d’un côté à Chrestien Vitry et d’autre à Michel Auger, et des autres côtés à Henry Ligny, jardinier, et Catherine Guérinay, sa femme ».

Quittance du cens. Seigneurie de la Grange aux Merciers. Nous soussigné, Charles Henry de Malon, chevalier, seigneur de Bercy, Charenton, Conflans, les Carrières, la Grange aux Merciers, et autres lieux, cy-devant Conseiller d’État, Intendant des Finances : Reconnaissons avoir reçu de MM. les Marguilliers de l’œuvre et fabrique de Sainte-Marguerite, par les mains de M. Boudin, marguillier comptable, propriétaire d’un quartier et demy de terre scis au terrain de la Grange aux Merciers, la somme de sept livres treize sols pour quarante et une années du cens qu’ils nous doivent, à raison de trois sols dix deniers par an ; les dites années échues au jour feste de saint Martin d’hyver mil sept cent vingt, dont quittant, sans préjudice d'autres droits, rentes, noms, raisons et actions, si aucuns sont dûs. Fait en notre hôtel à Paris, ce quatrième jour de février mil sept cent vingt et un. Signé : Malon de Bercy l.

Cette appellation de Grange aux Merciers est, d’ailleurs, l’un des plus anciens noms de la contrée puisqu’il existe déjà à la fin du douzième siècle.

L’abbé Lebeuf, en effet, a trouvé dans /’ Histoire de Saint- Martin-des-Champs que, dans un échange de biens consenti dès l’année 1172, entre deux seigneurs nommés Adam de Bray et Thibaud, ce dernier reçut la Grange de Bercix, grangiam de Bercix, avec ses dépendances 2.

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