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CHAPITRE IX

L’AGGLOMÉRATION DE BERCY APPARTIENT AU FAUBOURG SAINT-AN- TOINE. — SANS MUNICIPALITÉ, APRES LA CONSTRUCTION DU MUR DES FERMIERS-GÉNÉRAUX. — LES HABITANTS DEMANDENT A FOR- MER UNE COMMUNE DISTINCTE. — CONFLANS REVENDIQUE LES TERRITOIRES. — DÉNOMBREMENT DES HABITANTS DE L’AGGLO- MÉRATION. — L’ENQUÊTE DES COMMISSAIRES DU ROI. — FORMA- TION D’UNE COMMUNE PROVISOIRE EN 1790. — DIFFICULTÉ D AD- MINISTRER. — EXTENSION DE LA COMMUNE EN 1 79 1 . — LA MAI- RIE.

Avant la Révolution, ce que mous appelons l’agglomération de Bercy, c’est-à-dire : la Grande-Pinte, le Ponceau , la Vallée de Fécamp , La Râpée , la Grange aux Merciers, le Petil- Bercy , faisait partie, au point de vue administratif et édilitaire, de la Généralité de Paris, et appartenait au quartier du faubourg Saint-Antoine. Une pétition des habitants de ces régions, du 28 août 1790 1 , nous apprend qu’antérieurement au 27 juin de cette année, ils étaient citoyens actifs du district parisien des Enfants-Trouvés, et portés sur le rôle des impositions de Paris, tant pour les vingtièmes que pour la capita-

BARRIÈRE DE LA RÂPÉE, de l’enceinte des Fermiers Général! D’après le dessin au bistre attribué à Maréchal, exécuté vers 1791.

tion. Tous étaient enrôlés dans la milice nationale du bataillon des Enfants-Trouvés.

L’établissement de l’enceinte des Fermiers-Généraux devait faire cesser cet état de choses, en fixant à la capitale une limite d’octroi constituée par un mur séparant Paris de sa banlieue. Le premier acte consacrant cette séparation fut le décret du 6 juin 1790 portant :

Tout le territoire que renferme la ligne de l’enceinte des murs de Paris sera soumis aux droits d'entrée dans cette ville; et réciproquement le territoire qui était antérieurement soumis à ces droits et qui se trouve placé hors de l’enceinte sera soumis au régime des impositions ou perceptions établies dans la banlieue dont il fera désormais partie.

C’était déjà, au point de vue de la fiscalité, le rejet de ce territoire hors du giron de la capitale.

La loi du 21 mai-27juin 1790 sur l’organisation de la Municipalité de Paris, devait parachever la séparation définitive en disant, titre premier article 3 :

La Commune ou la Municipalité de Paris sera renfermée dans l’enceinte des nouveaux murs; mais les boulevards que l’on construit en dehors de ces murs seront soumis à l’Administration Municipale.

Cette mesure ne fut pas, on le pense bien, sans apporter des perturbations à l’exercice des droits civiques des habitants de la région ainsi retranchée. Elle en apporta d’autant plus, qu’avec la belle insouciance administrative d’alors, on ne semblait pas s’ètre préoccupé du sort politique de ces derniers.

Dans la lettre qui suit, adressée à l’Assemblée Nationale par les membres de la section parisienne des Quinze-Vingts, on verra l’embarras de ces administrateurs pour régler la situation légale des citoyens logés extra-micros :

Messieurs, il s’élève une difficulté sur l’étendue de notre Section :

L’art. III du Titre I du décret de l’assemblée nationale porte : La commune

ou la Municipalité de Paris sera renfermée dans l'enceinte des nouveaux murs.

La partie de la rue de Charenton connue sous le nom de La Grande Pinte est entièrement hors des murs, et cependant le décret pour la nouvelle division de Paris comprend littéralement la Grande Pinte dans l’étendue de notre Section.

Nous vous prions, Messieurs, de nous faire connaître si nous devons admettre dans notre section les citoyens domiciliés à la Grande Pinte, comme ils le demandent, ou les rejetter.

Nous sommes, avec le plus profond respect, Messieurs, vos très humbles et très obéissants serviteurs, Signé : Bechet, V. Président, Gillet, Secrétaire, Thion.

Paris, Section des Quinze-Vingts, le 2 juillet 1790 1.

Nous devons dire pourtant que cette incorporation à la section des Quinze-Vingts des régions extra-muros, ne dut jamais avoir un caractère très officiel et qu’elle fut plutôt le résultat d’une tolérance administrative, puisque nous trouvons ces régions situées en dehors des limites tracées par Verniquet, pour la dite section, qu’il dénomme des Enfants-Trouvés.

33“ Section. Les Enfants-Trouvés.

Circonscrite à partir de la place de la Bastille au coin de celle du faubourg Saint-Antoine, suivant la dite rue jusqu’à la barrière du Trône, continuant le long de la nouvelle enceinte jusqu’à la barrière de La Râpée, le quai de La Râpée, la rue Contrescarpe, jusqu’à celle du faubourg Saint-Antoine : Contenant les rues : de la Planchette, des Terres-fortes, Grande de Bercy, Moreau ou des Filles Anglaises, des Chantiers, Traversière, Saint-Nicolas, de Charenton, de Cotte, Trouvés (sic) Le Noir, d’Aligre, de Beauveau, des Charbonniers, de Rambouillet, Petite de Reuilly, Grande de Reuilly, Montgalet, de Picpus, Culs de sacs : Saint-Claude, de Siguery, le Marché Saint-Antoine, les i5-20 et Picpus *.

On sait que l’architecte Verniquet avait été chargé par le Comité de Constitution de l’Assemblée Nationale, de présenter les projets d’une nouvelle division de Paris en 48 sections. Il prit pour bases essentielles de son travail :

i° Le nombre total des citoyens actifs de la Capitale et leur répartition la

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