Archives Nationales. T
située au carrefour de la rue Grange aux Merciers et de la rue de Charenton. Un habitant de la Grande Pinte, Théodore Santerre, raffineur, fut même désigné comme officier Municipal de cette localité1 .
Dans une lettre du i5 août 1791, le maire de Bercy, M. Renat, faisait également connaître l’état d’incertitude dans lequel se trouvaient les membres de sa municipalité au sujet des limites de la commune, incertitude qui ne permettait pas d’établir les rôles pour l’assiette et la répartition des contributions foncières :
Le Conseil général de notre commune, écrit-il, a été convoqué le jour d’hier à l’effet d’aviser aux moyens les plus prompts et les plus efficaces pour opérer; mais nous nous trouvons dans la nécessité de suspendre nos travaux par l’incertitude où nous sommes de l’étendue réelle de notre territoire.
On a vu, dans la partie de cet ouvrage traitant de la création de la Paroisse de Bercy, que la question de la délimitation nouvelle et de l’extension de la commune était liée à cette création. C’est sur ce double sujet que le Directoire du District de Bourg-la-Reine rédigea, pour le Directoire du Département, son rapport, ou procès-verbal, du 3o août 1791, avec prière d’en transmettre les conclusions à l’Assemblée Nationale:
De ce rapport, disait le maire de Bercy, dépend la circonscription de la Paroisse. Dans cette circonscription pourra être comprise la portion de la Grande Pinte qui, elle-même, réclame sa jonction à notre Municipalité et à la paroisse que nous demandons.
Et il ajoutait en ce qui concerne l’adjonction d’une autre partie :
Nous avons présenté le 14 février dernier au Bureau provisoire du département de Paris, à l’hôtel Soubise, un mémoire tendant à la réunion à notre Municipalité de certains terrains situés sur le bord de l’eau dépendant, quantà présent, de celle
1. Monographie des Communes. (Charenton-le-Pont), par Fernand Bournon, p. 16.
de Conflans, quoique enclavés dans le territoire de notre Municipalité, section de La Râpée, et même compris en dedans la ligne de démarcation tracée par le décret de l’Assemblée Nationale qui nous a constitué en Municipalité.
Le travail de répartition des rôles, disait M. Renat en terminant, ne pourra être fait tant que la portion de la Grande Pinte et le terrain du bord de l’eau ne seront pas compris dans la commune de Bercy1.
Le Procès-Verbal du District de Bourg-la-Reine, du 3o août 1791, que l’on trouvera à nos pièces justificatives, était d’ailleurs catégorique à ce sujet, et préconisait d’une façon formelle l’extension des limites de la Commune par l’adjonction du château et du parc de Bercy, de la Grande Pinte, et de toute la partie située au bord de l'eau.
En voici, au surplus, la conclusion:
Tout vu et considéré, les sieurs Préaux, Bargue et le Procureur-Syndic entendus, le Directoire est d’avis :
i° Que le territoire de la commune de Bercy, doit être circonscrit conformément au plan annexé aux pièces, c’est-à-dire à partir depuis la barrière de La Râpée, jusqu’à celle de Picpus, laissant à gauche les murs et les i5 toises extérieures de la Ville de Paris; de la barrière de Picpus en remontant par une ligne presque droite, jusqu’à l’avenue qui répond à l’entrée principale du château de Bercy, laissant à gauche le territoire de Saint-Mandé, et prenant à droite une portion de terre qui tient d’un bout au territoire actuel de Bercy, d’autre bout à la dite avenue, d’un côté au territoire de Conflans, et d’autre côté au sentier qui formeroit de ce côté, la ligne de démarcation, la dite pièce étant du territoire du dit Saint- Mandé, à partir de l’angle de la dite pièce jusqu’à la porte principale du château de Bercy, prenant à droite tout ce qui dépend actuellement de Conflans ; à partir de la dite porte principale, et continuant la route qui conduit à Charenton, et côtoyant les murs du parc de Bercy, jusqu’à la rivière, prenant tout le dit parc et même la portion du potager de Conflans qui en a été détachée; enfin à partir de la rivière et la côtoyant pour regagner la barrière de la Râpée.
20 Que pour le service spirituel de cette vaste circonscription, qui comprendrait tant pour le civil que pour le spirituel, tout le château de Bercy jusqu’à la rue de la Grange aux Merciers, et l’autre côté de la route qui fait partie de la Grande Pinte dépendante de Conflans, le tout marqué en noir sur ce plan ; il est indispensable d’ériger en paroisse la chapelle desservie jusqu’à ce jour par les prêtres de la doc-