‹ BercyChapitre 82 sur 133 · Archives Nationales. T. 1 4g · texte numérisé non relu

Archives Nationales. T. 1 4g

volontaires qui ont quitté leurs drapeaux, entr’autres, sa lettre du 6 mai dernier par laquelle le Directoire du District déclare que les voies de douceur et de conciliation sont épuisées et que si dans trois jours à compter de la publication de la dite lettre, les volontaires ne se mettent pas en devoir de rejoindre, elle est résolue à donner à la gendarmerie les ordres les plus sévères de les mettre en état d’arrestation pour les faire retourner de brigade en brigade à leurs bataillons.

Vu la réponse du Procureur de la Commune de Bercy, au nom de la Municipalité, en date du 12 du même mois de mai, par laquelle il marque qu’elle a fait venir le matin du même jour, les volontaires de sa commune, qu’en vain elle leur a cité la loi qui les oblige à partir, qu’en vain elle leur a lu et relu la lettre du dit jour 6, qu’elle avoit déjà publiée à son reçu; qu’en vain elle a épuisé toutes les voies de douceur et de conciliation qui étoient en son pouvoir; que leur réponse a été un refus formel d’obéir à la loi, motivé sur les raisons les plus insignifiantes et même insultantes plus ou moins envers l’administration et la Municipalité, qu’en conséquence elle prie le Directoire d’envoyer à la gendarmerie les ordres qu’il croira nécessaires.

Vu les décrets des i3 décembre 21 et 24 février, l'article 2 du décret du 8 mars aussi dernier, qui portent que, les sous-officiers, volontaires nationaux et soldats rejoindront leurs bataillons et régiments dans le plus court délai.

Et l’article 4 du décret du 28 mars portant que la Gendarmerie est mise en état de réquisition permanente pour former des patrouilles sur les routes et chemins qui conduisent aux armées, qu’elle arrêtera tout militaire qui reviendrait de l’armée sans congé, ou qui se détourneroit de la route qui lui a été donnée pour se rendre à l’armée, qu’elle le constituera prisonnier, le renverra de brigade en brigade à son bataillon pour que son procès lui soit fait.

L’Administration, considérant que la conduite des volontaires de la commune de Bercy est d’autant plus répréhensible, que non seulement ils ont refusé d’exécuter la loi, mais qu’encore leur refus a été motivé avec les raisons les plus insignifiantes et même insultantes plus ou moins envers l’administration du District et la Municipalité.

Le suppléant au Procureur Syndic entendu :

Le Directoire requiert au nom de la loi, les citoyens Gillet et Coûteux, lieutenans de la ire division de Gendarmerie Nationale, de se transporter avec les brigades de leur commandement, dans la commune de Bercy, pour y mettre en état d’arrestation les volontaires déserteurs ci-après nommés, savoir :

Jean Michel Vitry; Jean-Baptiste Fausse; Philippe Travis; Joseph Garbi ; Simon Paillard; Pierre Hervet; Nicolas Béguin; Pierre Potel ; François Deribles; Alexandre Relié; Nicolas Paul Duflocq; Pierre Ducollet; Pierre Guénon et Jean Chrétien.

Les citoyens Gillet et Coûteux sont requis d’amener au Directoire tous les dénommés ci-dessus, pour être signalés et prendre leur route pour Valenciennes, où ils seront conduits de brigade en brigade par la gendarmerie Nationale,

comme aussi de mettre en état d’arrestation et de conduire au Directoire, tous autres déserteurs qui leur seraient dénoncés.

La Municipalité et la garde Nationale de Bercy, sont pareillement requises au nom de ia loi et sous leur responsabilité, de prêter main forte et assistance aux citoyens Gillet et Coûteux, pour l’exécution du présent réquisitoire.

Il est recommandé à ces deux fonctionnaires d’user de beaucoup de prudence et de modération, et de se souvenir que c’est contre des frères égarés, que la loi les force de déployer sa rigueur.

Fait en Directoire, au Bourg l’Egalité, le i3 juin 1793, l’an 2' de la République i.

Parmi les noms des déserteurs ci-dessus, se trouve celui de François Deribles. Nous ne voudrions pas le laisser condamner sans apporter en sa faveur une circonstance atténuante trouvée dans la pièce suivante, de laquelle il résulte qu’il n’avait pas toujours été un soldat réfractaire:

Les citoyens Jean Jacques Minguet et François Deribles, volontaire de la Commune de Bercy, enrôlés au mois de Septembre 1792 dans le 6e bataillon de Paris, compagnie Darougeville, sont rentrés à Bercy, l’un pour blessures à l’épaule gauche; l’autre en permission. Comme ils m’ont témoigné, écrit le premier Syndic du district de Bourg Egalité à Le Roux, ordonnateur des guerres, le brûlant désir de rejoindre leurs frères d’armes du bataillon, je vous engage à leur faire fournir l’habillement et l’équipement qui leur est nécessaire ainsi que l’ordre de route pour rejoindre 2.

Voici encore une députation des citoyens de la commune de Bercy à la barre de l’Assemblée Nationale qui est, cette fois, la Convention. Nous sommes au 21 avril iyg3 et il s’agit de protester contre les difficultés de la vie et la hausse des prix des denrées alimentaires:

L'orateur de la députation exprime les alarmes de ses compatriotes et les siennes sur la cherté des subsistances; il réclame de promptes et décisives mesures pour arrêter les progrès du mal, et propose à la Convention de fixer le maximum du prix des denrées, que les cultivateurs et fermiers soient contraints à garnir les marchés, qu’il soit fait des recensements dans chaque commune, et dressé un état exact de tous les grains qu’il peut y avoir chez les différents pro-

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