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Le Moniteur des 14 et 17 juillet

par le Conseil Municipal de Bercy, il était déjà question des craintes que donnait la solidité du pont, en raison des charges énormes qu’il supportait. Lors de sa construction, en effet, on ne se doutait pas des fatigues considérables que lui occasionnerait l'intensité de la circulation, et son système n'offrait pas la résistance obtenue depuis, pour d’autres ouvrages de même nature. D’ailleurs, pendant le cours de cette année, un arrêté du Préfet de Police avait prescrit certaines précautions à cet effet.

Aussi bien, dans sa séance du 2 février 1848, le Conseil Municipal de Bercy était-il appelé à se prononcer sur sa reconstruction. Il décida qu’il serait réédifié d’après le type des ponts rigides, au moyen de fermes en fonte, et avec trois travées de mêmes dimensions que les précédentes : les oscillations considérables du tablier de l’ancien pont formant un obstacle permanent à la marche des voitures fortement chargées.

Cette reconstruction devait se faire aux frais, risques et périls de la Compagnie fermière, qui ne demandait, pour toute rétribution, que 20 ans de péage après les i3 ans de jouissance restant à courir. Les Communes de Bercy et d’Ivry furent appelées à se prononcer.

Une clause de la délibération de Bercy formulait :

Que cette reconstruction ne devrait pas commencer avant que, par la construction du pont en face de la rue Grange aux Merciers, la circulation ne soit établie entre les deux rives de la Seine.

Qu’il soit établi, mais en aval seulement du pont actuel, un passage provisoire pour voitures et piétons, afin que la circulation qui est devenue si considérable, ne soit pas arrêtée pendant la reconstrucfion demandée l.

Les plans du nouveau pont avaient été dressés par M. Vui-

1 . Archives de la Seine. Registre n* 3 des délibérations du Conseil Municipal de Bercy.

gnier, Ingénieur, et les travaux devaient être exécutés parles entrepreneurs Jacquesson et Guyot, sous la conduite de M. Simonet, Président du Conseil d’Administration, quand les événements politiques d’alors vinrent tout arrêter \

Et l’antique pont suspendu continua encore pendant lontemps à inspirer des craintes pour sa solidité. C’est ainsi que le Moniteur du 5 août i85o signale le danger des oscillations continuelles qui se produisent au passage des voitures.

La Commune de Bercy n’en vit pas, d’ailleurs, la reconstruction, qui ne se fit qu'après l’annexion de 1859, en belle et bonne maçonnerie, infiniment préférable, au point de vue de l’art comme au point de vue de la solidité, à toutes les ferrailles les plus perfectionnées :

Napoléon...

Vu la délibération en date du 20 mars 1 863 par laquelle le Conseil Municipal de Paris prend l’engagement de concourir pour moitié à la dépense qu’entraîneront les travaux...

Avons décrété et décrétons ce qui suit :

Article premier. — Il sera procédé à la construction d’un pont en maçonnerie en remplacement du pont suspendu dit de Bercy, à Paris, conformément aux dispositions du projet ci-dessus visé dont le plan général demeurera annexé au présent décret.

La dépense, évaluée à 1 .800.000 francs, sera imputée pour moitié sur les fonds affectés dans la sixième section du budget, à la reconstruction des grands ponts, l’autre moitié restera à la charge de la Ville de Paris.

Art. 2. — L’Administration est autorisée à faire l’acquisition des terrains et bâtiments nécessaires à l’exécution de cette entreprise, en se conformant aux dispositions des titres 2 et suivants, de la loi du 3 mai 1841 sur l’expropriation pour cause d’utilité publique...

Fait au Palais de Fontainebleau le 6 juillet 1 863 , signé : Napoléon.

Par l’Empereur, le Ministre de l’agriculture, du Commerce et des Travaux publics. Signé : Armand Behic2.

Officiellement, la durée de la concession du pont suspendu, avait pris fin le 3o septembre 1 86 1 .

1. Mes adieux à Bercy, par A. Sabatier (de Bercy), 1860, p. 24.

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