‹ BercyChapitre 95 sur 133 · Archives de la Seine. Papiers Lazare, t. XIV · texte numérisé non relu

Archives de la Seine. Papiers Lazare, t. XIV

D’après /e Moniteur du i4mai 1 865, l’établissement des piles aurait présenté de sérieuses difficultés ; car Tonne rencontra pas le terrain solide à une profondeur moindre de 4 mètres à 4 m. 5o en contre-bas de Tétiage. Il a fallu les fonder sur un massif de béton coulé dans un caisson en charpente échoué à la profondeur voulue. Un socle en pierre de taille et un sous-socle en maçonnerie, superposés sur ce caisson, ont reçu les assises des piles, dont les tympans sont ornés dans leur milieu de couronnes en pierre de Saint-Ylie (Jura), dans lesquelles on a ménagé des jours pour éclairer les galeries qui traversent le pont sous les trottoirs et qui reçoivent les conduites d’eau et de gaz.

Voici encore, d’après un ouvrage spécial, quelques renseignements techniques concernant sa construction :

11 a été établi exactement au même emplacement que l’ancien pont suspendu, et mesure 1 5g mètres de longueur, avec cinq arches en maçonnerie, de forme elliptique, ayant chacune 28 ou 29 mètres d’ouverture. Sa largeur est de 20 mètres.

Il est flanqué de murs de quai régnant sur les deux rives, d’une longueur d’environ 80 mètres. Ceux d’amont sont entièrement neufs, alors que les autres n’ont été que remaniés et surélevés.

Les travaux confiés à M. Garnuchot, adjudicataire, ont été commencés au mois d’août 1 863 et terminés le i5 août 1864, jour où eut lieu l'inauguration. La dépense totale, partagée par moitié entre l’État et la Ville, s’est élevée au chiffre de i.3oo.ooo francs, y compris les travaux de voirie exécutés à l’occasion de sa construction. Et l'ouvrage ajoute :

Les têtes sont couronnées par une corniche à modillons surmontée de parapets à jour composés de panneaux en fonte reposant sur un socle en pierre et séparés par des dés également en pierre *.

1. Notice historique sur les ponts de Paris, par Féline Romany, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, 1 865, p. 90.

Il convient de dire que la Nomenclature officielle des voies publiques , en 1898, lui reconnaît 170 mètres de longueur et 20 mètres de largeur.

Nous indiquerons également que, lors de la construction de la ligne n°6du chemin de fer métropolitain, de la place d’Italie à la Nation, le tracé emprunta le passage sur le pont de Bercy, surélevé à cette occasion en iqo5 et 1906, d'une série d’arcades aériennes qui lui donne un peu l’aspect du viaduc d’Auteuil.

Dans une gravure de 1846, mesurant 23,5 X i5, intitulée: Vue de Paris, prise du pont de Bercy , et : Veduta di Parigi , Presa dalla sponda delta porto di Bercy , on voit le pont suspendu, la grille et la barrière de La Râpée avec le magasin à fourrage.

Cette gravure est très fine et très intéressante1.

Dans le Petis atlas pittoresque des 48 quartiers de la Ville de Paris , par Perrot, Ingénieur, i835,se trouve une vue du pont de Bercy, dit de La Râpée. C’est une jolie gravure iix5, signée: Aies, del., et sculp. montrant le mouvement de la Seine avec ses bateaux, chantiers, la barrière et le mur d’enceinte2 .

Il existe aussi une petite lithographie 12, 5 x 6, signée Potirion, montrant le pont suspendu avec ses quatre piles dont deux sont dans l’eau 3.

Le graveur Trimolet a exécuté une eau-forte intitulée : Le pont de Bercy , mesurant 28 X 16 qui représente une berge dénudée et sans maisons, avec le pont en perspective; le tout sans aucune caractéristique de l’endroit reproduit. 11 doit aussi

Page 1