MARS
Le berger aura soin de ne point conduire son troupeau dans les prés, et à plus forte raison dans les luzernes, les sainfoins et les trèfles. Le pâturage de ces plantes fourragères pendant l'hiver est une mauvaise pratique qui, pour quelques bottes de foin qu'elle permet d'économiser, diminue le produit de plusieurs centaines de bottes en même temps qu’elle abrège la durée des sainfoins. Le berger pourra y conduire son troupeau à l'arrièresaison, quand il y aura des regains qui ne mériteront pas la peine d'être fauchés.
"Dans les pays humides, le berger redoutera la pourriture, il ne fera jamais sortir ses moutons avant 10 ou 11 heures du matin, et sans lui avoir donné un repas de foin ou au moins de bonne paille assaisonnée de sel, et une bonne ration de tourteaux.
C'est pendant le mois de mars qu'a lieu l'agnelage tardif. Ce système est peu répandu dans le Nord, où l’on vise, au contraire, à faire venir les agneaux dès le mois de novembre, ce qui est moins naturel et moins avantageux, car les agneaux nés en mars ne souffrent pas du manque d’air et de lumière comme ceux de novembre et de décembre. La nourriture verte convient mieux pour l’allaitement que la nourriture d'hiver, et elle est moins chère.
Les agneaux de novembre et de décembre sont préparés au sevrage par une séparation de plus en plus prolongée de leurs mères. On continue à les bien nourrir.
Le berger activera l’engraissement des agneaux de boucherie, il nourrira très-fortement les mères qui leur donnent de meilleur lait, mais il complétera encore cette alimentation avec du lait de vache mêlé avec de la bouillie de farine de froment, de sarrasin ou de maïs. Six semaines à deux mois de ce régime suffisent pour faire de bons agneaux.
En Beauce, on a l'habitude pour faire de bons agneaux de donner une nourriture plus abondante aux mères, et du son et de l'avoine aux agneaux ; dans les fermes à distillerie ou à sucrerie, on termine l’engraissement des moutons commencé en janvier.
Quant aux bêtes qu’on met actuellement à l'engrais pour être vendues en mai et juin, on les tient à la bergerie pendant tout ce mois, et elles y reçoivent des pulpes, des racines, du regain et un peu de grain ou de tourteaux.