‹ BerkeleyChapitre 22 sur 34 · HKRKELKY · texte numérisé non relu

HKRKELKY

perçues par les sens sont perçues immédiatement; et les choses perçues immédiatement sont des idées; et les idées ne peu\ent exister en dehors de l'esprit : leur existence consiste donc dans la perception qu'on en a; quand donc elles sont perçues actuellement, il n'y a pas moyen de douter de leur existence. Adieu alors à tout ce scepticisme, à tous ces doutes lidicules de la philosophie ! Quelle plaisanterie, qu'un philosophe mette en cjuestion l'existence des choses sensibles juscju'à ce cju'elle lui ait été prouvée par la véracité de Dieu; ou (ju'il prétende que notre connaissance sur ce point manque de certitude intuitive ou démonstrative ! Je devrais aussi bien douter de ma propre existence, que de l'existence de choses que je vois et que je touche actuellement.

Hyl.^S. — Pas si vite, Philonous ; vous dites que vous ne pouvez concevoir conunent les choses sensibles existeraient en dehors de l'esprit, n'est-ce pas?

Phii.oxous. — En effet.

HvLAS. — Supposons que vous soyez anéanti, ne pouvezvous concevoir comme possible que les choses perceptibles par les sens puissent encore subsister?

Philonous. — Je le puis; mais alors il faut que ce soit dans un autre e.sprit. Quand je dénie aux choses sensibles une existence en dehors de l'intelligence, je ne veux pas dire de mon intelligence en particulier, mais de toute intelligence. ^Maintenant il est manifeste qu'elles ont une existence extérieure à mon intelligence, puisque j'éprouve par l'expérience qu'elles en sont indépendantes. Il y a donc quelque autre intelligence eii qui elles existent dans les intervalles des perceptions que j'en ai : de même qu'elles furent avant ma naissance, de même il faudrait qu'elles soient après ma disparition supposée. Et, comme cela est vrai également par rapport à tous les autres esprits créés et finis, il s'ensuit nécessairement qu'il y a une Inielligencs omniprésente et éternelle qui connaît et embrasse toutes choses, et les présente à notre vue d'une certaine manière, et suivant certaines règles qu'Elle a Elle-même établies, et (]ui sont appelées par nous les lois de la nature.

Hylas. — Répondez-moi, Philonous. Toutes nos idées sont-elles des existences parfaitement inertes? Ou bien ont-elles quelque activité enveloppée en elles?

Phii.oxous. — Elles sont tout à fait passives et inertes.

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