Du 7 au i4juin
i883, un l'année suivante, deux au début de 1886, ce sera tout ce qu'Ephrussi recevra de Laforgue pendant son séjour en Allemagne.
Il arrive à Coblentz pour la première fois le i5 juin 1882 et tout aussitôt s'y plaît :
« J'adore Coblentz autant que j'abhorre Bade. Le décor dans lequel la Moselle se jette dans le Rhin est une chose unique pour les yeux tristes1.
« Vous ai-je parlé de Coblentz ? Non. C'est une ville que j'adore. Il y a des ruelles extraordinaires, des maisons à pignon. Un vieux pont gigantesque aux piles duquel poussent des arbustes. Et les quais, la manœuvre des radeaux, etc. J'avais toutes mes nostalgies de bonhomme né dans un port de mer2. »
Il habite au château près de la chapelle anglaise et, le dimanche, le son de l'orgue y accompagne ses méditations bouddhistes. Il aime Coblentz en soi, pour son propre charme3 ; mais il s'y ajoute un élément
1. Lettre à Mme*** publiée dans le volume intitulé Exil, Poésie, Spleen (Ed. de la Conn.iis-sance, 1921).