‹ Berlioz 1923Chapitre 24 sur 91 · Mémoires, Il · texte numérisé non relu

Mémoires, Il

2. Lettre inédite (fin décembre 1846), citée par Boschot, LIT, 145.

LA VIE (1847). ue

voyage en traîneau deposteetle 28févrierilarrive à Pétersbourg.

__ Son premier concert a lieu le 15 mars, en présence de toute la noblesse. « Applaudissements, rappels, cris de bis à me donner le vertige... » Et douze mille francs de bénéfice net. « J'étais

les mêmes résultats : « J'étais riche ! » Il va se faire entendre à Moscou le 10 avril et en rapporte huit mille francs. À Pétersbourg, où il revient presque aussitôt, on organise « impérialement » une magnifique exécution de Roméo et Juliette (23 avril). A Ia fin de la soirée, encore tout vibrant du « divin poème shakespearien » qu'il vient de se chanter à lui-même, Berlioz a une crise de larmes. L’insidieuse langueur du printemps russe le pénètre et lui fait cruellement sentir sa solitude. Il s’éprend d’une jeune fille, « pas trop jeune », qui chantait dans les chœurs, : et dont le fiancé venait de partir. Elle lui résiste, mais veut bien se promener avec lui le soir jusque dans la campagne. « O Dieu! un soir, sur le bord de.la Néva, au soleil couchant...‘ Quelle trombe de passion ! Je lui broyais le bras contre ma poitrine; je lui chantais la phrase de l’adagio

de Roméoet Juliette : ré mi fa fa mi ré mi... ‘»

1. Lettre citée par Boschot, IT, 153.

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