Lettre à la princesse Wittgenstein, 3 août
« beaucoup de relations ». Pourtant, celle qui lui inspira son premier amour, l’inoubliable Estelle, est encore vivante. Berlioz veut la revoir. Il part pour le Dauphiné, s'informe auprès de son beau-frère Suat. M°”° Estelle Fornier, qui a presque soixante-dix ans, habite maintenant Lyon. Après un pèlerinage passionné dans la campagne de Meylan, il arrive à Lyon et se présente chez elle *. Elle le recoit avec bienveillance, avec indulgence, et veut bien lui permettre de correspondre avec elle. « Oh ! madame, madame, écrit-il dès son retour à Paris, je n'ai plus qu’un but dans ce monde, c’estd’obtenirvotreaffection. » Unecurieusecorrespondances’engageainsientre Pincorrigible romantique et la septuagénaire, un peu effarée de ces démonstrations inattendues. « Que voulez-vous que je réponde à cela ? » disaitelle à ses enfants en leur montrant les lettres de Berlioz *. Elle répondait de temps en temps par quelque missive d’une parfaite sagesse provinciale, que son ami déclarait « un chef-d'œuvre de triste raison ». N'importe! ces lettres trop sensées mais toujours bienveillantes, et la joie