Lettre à Stassof, Paris, 21 août
2. Pour le critique d'art Charles Blanc, grâce à qui il ayait pu, en 1848, conserver sa place de bibliothécaire.
On a pu dire que la musique de Berlioz était en quelque sorte « son journal intime »'. Mais c'est un journal intime à grand orchestre. Berlioz ne s'est jamais abandonné aux confidences de la musique de chambre. D'autre part, si son œuvre peut être comparée, non sans raison, à la poésie personnelle des romantiques, on n’y rencontre que très rarement le pur lyrisme musical, celui qui s'exprime par la musique seule, sans intermédiaires littéraires ou intellectuels. Berlioz, — comme d’ailleurs beaucoup de grands musiciens, — a toujours besoin d’un sujet poétique, ou mieux dramatique, et, pour ainsi dire, d’une mise en scène. Ce caractère dramatique, plus encore que le lyrisme, est le trait dominant de son œuvre, celui qui peut le mieux nous aider à. la comprendre. En réalité, Berlioz n’a
guère écrit que trois fois pour la scène; mais sa