‹ Berlioz 1923Chapitre 5 sur 91 · Tragédie de Saurin, dont l’Odéon annoncait la reprise · texte numérisé non relu

Tragédie de Saurin, dont l’Odéon annoncait la reprise

1 À | BERLIOZ position suggérée par mes souvenirs de Meylan. Souvenirs impuissants ! Car ma partition fut aussi ridicule, pour ne pas dire plus, que la pièce et les vers de Gerono'. » 1

Il songe alors à faire un oratorio à la facon de son maître Lesueur. Il compose, sur des paroles latines, un Passage de la mer Rouge, avec chœurs et orchestre, qu’on lui promet de faire exécuter à Saint-Roch, sous la direction de Valentino, chef d'orchestre de lOpéra. Quel début pour ses vingt ans ! Mais, hélas, les « masses » chorales et instrumentales se réduisent à une douzaine de musiciens et une vingtaine de choristes, les parties, criblées de fautes de copie, sont absolument illisibles, et la répétition générale produit un tel gâchis que Berlioz doit renoncer pour cette fois à son « rêve si longtemps caressé d’une exécution à grand orchestre. » (Décembre 1823.)

Entre temps, il avait réussi à débuter dans la critique, à dix-neuf ans et demi, en publiant dans le journal Le Corsaire (12 août) un article où il défendait les tragédies lyriques de Gluck contre les admirateurs du bel canto de Rossini. Piètre compensation à ses déboires de compo-

siteur ! Le fiasco de Saint-Roch, surtout, lui avait

Page 1