‹ Berlioz 1923Chapitre 64 sur 91 · C’est là que se trouve le curieux assemblage de flûtes et · texte numérisé non relu

C’est là que se trouve le curieux assemblage de flûtes et

de trombones analysé dans le Traité d’instrumentation (p. 202).

qui alternent et se répètent : d’abord le Sunctus proprement dit, aux émouvantes modulations enharmoniques, chanté par un ténor solo auquel répondent les voix de femmes ; puis l’Hosanna, dont la généreuse mélodie se développe largement en une fugue libre.

L’Agnus Dei, qui termine la messe, n’est guère qu un assemblage plus ou moins habile de fragments déjà entendus de l’Hostias et du Requiem. Cela forme une conclusion très acceptable. Mais on regrette que Berlioz, sans doute pressé par le temps, n’ait pas cru devoir, par la suite, compiéter plus dignement son œuvre.

Telle qu'elle est, la Messe des morts reste un des plus magnifiques monuments de la musique française. Elle produisit une impression puissante sur les artistes de la génération romantique‘; et elle présente encore pour nous un intérêt de premier ordre. Berlioz lui-mème, vers la fin de sa vie, la considérait comme sa création la plus essentielle : « Si j'étais menacé de voir brüler mon œuvre entière, moins une partition, c'est pour la Messe des Morts que je demanderais grâce”. »

1. Le témoignage de Vigny est significatif à cet égard. I] écrit dans son Journal, lors de la première exécution (4 dé-

cembre 1837) : « La musique était belle et bizarre, sauvage, convulsive et douloureuse. »

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