‹ Berlioz 1923Chapitre 67 sur 91 · Mémoires, Il · texte numérisé non relu

Mémoires, Il

quand la bésogne du feuilleton venait étouffer l'appel de la musique et les inspirations naissantes. « Que de forces ainsi perdues! que de temps ainsi gaspillé!! » « Je voudrais tant travailler etje suis obligé de {abourer pour vivre*...» Il serait injuste de négliger tous les témoignages, trop nombreux pour n’être pas sincères, qui attestent cette lutte perpétuelle et ces obscures souffrances. Berlioz a certainement sacrifié au souci du gagne-pain une bonne part de la musique qu'il portait en lui.

Mais l’a-t-il sacrifiée seulement au gagne-pain? [1 faut bien le dire, si son activité créatrice a été entravée par les difficultés matérielles, elle l’a été aussi par ses propres faiblesses. On est moins porté à s’apitoyer sur le martyre du feuilleton forcé et sur l'inspiration sacrifiée, si l’on songe que ce sacrifice fut longtemps destiné à nourrir deux ménages. Quant aux autres amours plus ou moins « poétiques » et aux multiples fantaisies dont la succession vertigineuse essoufflait la jalousie d'Henriette, l’art de Berlioz

en a peut-être moins souffert, mais il n’y a cer-

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