Lettre à Ferrand (12 juin
3. « Un certain malaise de l’âme, une souffrance vague du cœur, un chagrin sans objet, des regrets sans cause, des aspirations ardentes vers l’inconnu, une inquiétude inexprimable de l’être tout entier, c'est ce que nous éprouvions. » (HMémoires, II, 177-178.)
Il a subi toutes les modes littéraires de son temps. Il est peut-être, vers 1830, la person- . nalité qui incarne le mieux les traits les plus o ie bre du romantisme .
Ilen devient même parfois la caricature. A la villa Médicis, il boit dans un crâne; à Florence, il a un tête à tête hamlétique avec le cadavre d’une jeune femme, à qui il presse longuement la main. Il se sent fait, dit-il, pour la vie des brigands, en Sicile ou en Calabre, avec « des crimes magnifiques, des viols, des assassinats, des rapts et des incendies »'. Sans doute, ce sont là des outrances de jeunesse; mais les Mé- .motres ne les désavouent pas, bien au contraire [Il faut le reconnaître, il y a dans Berlioz du cabotin. Il songe trop à la galerie*. Il compose son personnage, comme sil appliquait à sa propre vie ses dons de dramaturge. Par ses lettres à ses amis, et plus tard par les Mémoires, fortement romancés, il crée autour de lui une sorte de légende. Tantôt il le fait consciemment à l’aide d’un mensonge pur et simple, comme lorsqu'il affirme avoir composé en une nuit la
Marche au supplice, qui existait déjà sous un
autre titre. Tantôt il se prend lui-même à son