Correspondant, 22 octobre
2. C’est à peu près ce que nous appelons aujourd’hui poème symphonique.
3. D'Ortigue, Revue européenne, décembre 1832, article inspiré par Berlioz (v. Boschot, IT, 150).
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ques ‘ ». Au début du Traité d'instrumentation, il proclame les principes d’une théorie musicale fondée sur l'expérience : «...…. ce qui produit un bon effet est bon, ce qui en produit un mauvais est mauvais el... l’autorité de cent vieillards, éeussent-ils cent vingt ans chacun, ne vous ferait pas trouver laid ce qui est béau, ni beau ce qui est laid ». Ces déclarations s’apparentent évidemment à la Préface de Cromwell et aux manifestes de l’école romantique. En cela seulement Berlioz est révolutionnaire”.
La musique de Berlioz réalise généralement l'idéal qu'il s'était fait de son art. On peut l’aimer ou ne pas l'aimer; on ne Saürait lui dénier la qualité primordiale, révélatrice du génie, l’inspiration mélodique. La mélodie de Berlioz est d'une originalité, d’une abondance et d'une
variété qui ont été rarement surpassées dans
1. Lettre à sa sœur Nanci, 30 janvier 1830. — Et, dans les RAA PAR Re du ù At À Mémoires (11,356) : « Je suis un incrédule en musique... »
2. On pourrait aisément illustrer et développer la conception musicale de Berlioz à l’aide de ses œuvres de critique et des appréciations qu’il porte sur les compositeurs de son temps. Il connaît fort mal les grands musiciens du passé, bien qu'il souhaite la création d'une chaire d'histoire de la musique au Conservatoire (Mémoires, 1I, 243). Il ignore tout de Bach et de Haendel ; il dédaigne pendant longtemps Haydn et Mozart, trop différents de son idéal. Par contre, ilconnaît à merveille Gluck et son école, qu’il considère comme la source première de la musique romantique. Parmi les contemporains, il a naturellement un culte pour Beethoven et pour Weber, et un éloignement instinctif pour les tendances dé l’école italienne traditionnelle.
1} l’histoire de la musique. Elle se modéle sur | toutes les expressions, se plie à tontes les exi- | gences de la donnée « poétique », énouse les : caractères les plus opposés avec une sûreté et
une mobilité surprenantes. C’est ici que Berlioz
montre à plein son génie essentiellement dramatique et pour ainsi dire ses dons de comédien en musique, son habileté instinctive à mimer par
la mélodie les sentiments les plus divers. Car
cette mélodie n’est pas, comme chez d’autres
artistes, la notation successive de mystérieuses
affinités musicales : elle est littéralement un geste sonore. Aussi, pour la bien saisir, l'auditeur doit refaire lui-même le geste. Schumann disait que, pour comprendre les mélodies de Berlioz, il ne faut pas seulement les entendre avec
l'oreille, mais les chanter à pleine poitrine (mit
voller Brust)‘.
5 (Analyse de la Symphonie fantastique). — On peut noter à
C’est pourquoi l’une des qualités marquantes
de cette mélodie est la liberté rythmique, le
mélange des rythmes inégaux, l’heureuse asymétrie dans la construction des phrases. Berlioz se plaint que la France et l'Italie opposent tant
de « résistance aux progrès de l’émancipation