‹ Berlioz 1923Chapitre 74 sur 91 · SANS MES · texte numérisé non relu

SANS MES

du rythme ». Il voudrait que l’on fondât une « classe de rythme » au Conservatoire, pour délivrer les jeunes musiciens de la tyrannie de la carrure*. |

De même qu'elle s’affranchit des rythmes trop mécaniques, la mélodie de Berlioz, née d’une sorte de mimique intérieure, déborde tout naturellement les cadres des deux modes majeur et mineur. Si elle donne souvent l’impression du chant populaire, ce n’est pas que Berlioz y ait eu recours très fréquemment”; c'est surtout parce qu’il emploie souvent, au gré de son inspiration, les anciens modes du moyen âge. Sa spontanéité l’y poussait et son maître Lesueur, quoique avec plus de pédantisme, lui avait donné l'exemple. Parmi les passages les plus caractéristiques on peut citer la fin de l’Znvocation à La Nature, le début de l’air d’Hérode dans l’Enfance du Christ et le Repos de la Sainte Famille. Souvent, le mode ancien est simplement évoqué, d’une facon passagère, par un intervalle significatif : les accents mélodiques de seconde mineure descendante sont particulièrement fré-

quents*. D’une manière générale, le chroma-

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