On peut rapprocher ee fait du passage des Mémoires
tisme est très librement employé’, et la gamme ne yes
par tons entiers elle-même se rencontre dans le
passage suivant de l'ouverture des Francs-
| fuves* :
Hautbois et Clarinettes
Une telle mélodie, uniquement guidée par
l'expression poétique, devait être particulièrement délicate à harmoniser. L'harmonie de Berlioz donne prise sans doute à bien des critiques, mais on ne doit pas la condamner trop lécèrement, sous peine de s’exposer à des erreurs
1,17) où Berlioz raconte que presque toutes ses mélodies d’adolescent étaient « dans le mode mineur ». 1. Voir entre autres L’ « idée fixe » de la Fantastique, le
début de Harold et l'Orgie de brigands, la Tristesse de Roméo, le Convoi funèbre de Juliette, et maïints passages dc la Dam-
. nation.
| 2. Petite partition d'orchestre (Eulenburg), p. 64. -— La 1er audition est de 1828 et la première publication de 1834.
grossières, On peut y relever des négligences et des gaucheries, déplorer l'insuffisance des parties intermédiaires, rappeler les lacunes d'une culture musicale trop hâtive‘. Mais on ne doit porter un jugement sur les passages incriminés qu'après l’audition d'orchestre, et ne pas les réprouver a priori sous prétexte qu'ils choquentnos habitudes d'écriture, qu'ils ne sont pas jolis à voir sur le papier, ou même qu'ils sonnent mal au piano. Et si l’on essaye de les corriger, comme tout harmoniste un peu exercé devrait pouvoir le faire, on remarquera généralement, avec Schumann, qu'ils perdent aussitôt leur valeur expressive*.
L’harmonisation de Berlioz se réduit parfois à de simples unissons d’un certain nombre d’instruments. Il y trouve un « charme singulier », et « même quelques vagues et secrètes harmonies »°. En fait, comme beaucoup de vieux chants populaires, certaines de ses mélodies ne . semblent pouvoir supporter presque aucun accompagnement. Le plus souvent, il soutient son
1. Il est certain que le détail de l’écrituré harmonique fut toujours pour Berlioz un travail pénible et fastidieux. Dans les derniers temps de sa vie, il demandait à Me Pauline
Viardot « de lui réaliser ses basses » (Jean Huré, Berlioz musicien).
2. Gesammelte Schriften über Musik, 1, 98 (Analyse de la Fantastique).