‹ Berlioz 1923Chapitre 76 sur 91 · Traité d’instrumentation, p · texte numérisé non relu

Traité d’instrumentation, p

chant à l’aide de la basse fondamentale ou avec les divers accords parfaits qui peuvent convenir aux notes les plus marquantes. Il procède généralement par touches successives sur les points essentiels; et il faut reconnaître que ces touches Sont d'une sûreté, d’une originalité et d’une audace admirables. Il n’hésite pas à écrire l’harmonie qui lui parait conforme à l’expression, même si elle est en dehors de tous les usages". Qu'on se rappelle par exemple le premier morceau de la Fantastique,le début de la Damnation, la fin de la scène du bal de Roméo. Ces touches harmoniques sont juxtaposées, et non pas liées par une trame savante des parties intérieures. De là des oppositions de teintes crues, des chocs d'harmonie d’autant plus violents qu'il s’agit en général d'accords parfaits?. « Berlioz commence une harmonie et la coupe en deux », dit Vigny dans son langage à propos du Requiem”. Les accords juxtaposés sont parfois empruntés à des tons très lointains, comme dans l'Orgie de brigands de Harold, au début de la Fantaisie sur la Tempéte ou vers la fin de la

1. On a pu dire à cet égard que Berlioz est « plus harmoniste que Haendel, Beethoven et même Wagner en ses premières œuvres... » (Charles Koechlin, Le cas Berlioz, p. 131).

2. De tels effets se rencontrent déjà dans l’œuvre de Lesueur, et on les retrouve parfois chez Wagner.

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