Cest ce qui faisait dire à Schumann que les harmonies
de Berlioz « se distinguent par une sorte de simplicité et
même par une solidité et une concision que l’on ne rencontre que chez Beethoven » (bid., I, 98).
tablement des accords. Cette instrumentation est
conçue avant tout comme un moyen puissant
de renforcer l’expression poétique, soit par le choix des timbres individuels, soit par les « grands effets d’orchestre ». Mais Berlioz a su rechercher aussi, et apprécier, le charme pure-
nent sensuel de la sonorité pour la sonorité‘.
Il a uni deux dons qui vont rarement ensemble,
l’expression de la mélodie et la couleur de l’or-
chestre. Sans doute, il a su profiter des décou-
vertes de ses devanciers, notamment de Gluck,
de Spontini, de Weber, et, quoi qu’il en dise, de Lesueur”. Mais son originalité reste entière.
L’orchestre de Berlioz est une création abso-
lument nouvelle dans l’histoire de la musique.
« Celui qui lit ses partitions sans les avoir en-:
tendues ne peut s’en faire aucune idée; les instruments paraissent disposés en dépit du sens
commun: il semblerait, pour emplover l’argot 9 5) ES
du métier, que cela ne dût pas sonner ; et cela
sonne merveilleusement® ». On voit une fois de.
plus que c'est une véritable aberration de pré-
1. L’instrumentation, dit-il en propres termes, doit servir non seulement à renforcer l'expression, mais aussi parfois
«à produire des impressions sui generis (motivées ou non par
une intention expressive }» (Traité d’instrumentation, chapitre ré):