‹ Berlioz 1923Chapitre 78 sur 91 · Cest ce qui faisait dire à Schumann que les harmonies · texte numérisé non relu

Cest ce qui faisait dire à Schumann que les harmonies

de Berlioz « se distinguent par une sorte de simplicité et

même par une solidité et une concision que l’on ne rencontre que chez Beethoven » (bid., I, 98).

tablement des accords. Cette instrumentation est

conçue avant tout comme un moyen puissant

de renforcer l’expression poétique, soit par le choix des timbres individuels, soit par les « grands effets d’orchestre ». Mais Berlioz a su rechercher aussi, et apprécier, le charme pure-

nent sensuel de la sonorité pour la sonorité‘.

Il a uni deux dons qui vont rarement ensemble,

l’expression de la mélodie et la couleur de l’or-

chestre. Sans doute, il a su profiter des décou-

vertes de ses devanciers, notamment de Gluck,

de Spontini, de Weber, et, quoi qu’il en dise, de Lesueur”. Mais son originalité reste entière.

L’orchestre de Berlioz est une création abso-

lument nouvelle dans l’histoire de la musique.

« Celui qui lit ses partitions sans les avoir en-:

tendues ne peut s’en faire aucune idée; les instruments paraissent disposés en dépit du sens

commun: il semblerait, pour emplover l’argot 9 5) ES

du métier, que cela ne dût pas sonner ; et cela

sonne merveilleusement® ». On voit une fois de.

plus que c'est une véritable aberration de pré-

1. L’instrumentation, dit-il en propres termes, doit servir non seulement à renforcer l'expression, mais aussi parfois

«à produire des impressions sui generis (motivées ou non par

une intention expressive }» (Traité d’instrumentation, chapitre ré):

Page 1