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L'ANNIVERSAIRE, PAR HENRI F ANT IN-L AT 0 U R (Musée de Grenob'e.)
tablement bon, une écriture vocale d'un tour élégant et d'une heureuse sonorité. Qui oserait le blâmer d'avoir déployé, dans ces pages, toute la séduction possible? J'imagine qu'elle ne fut jamais mieux à sa place, et j'ajoute que le triomphe du musicien est d'autant plus complet qu'ici l'agrément extérieur, le bel canto se rehausse d'un sentiment musical exquis, d'une passion sincère et profonde.
L'impartialité nous fait un devoir de citer, en regard de ces merveilles d'inspiration, quelques spécimens de mélodie inférieure ou baroque — je ne vois pas de mot qui caractérise mieux ces étranges successions de notes, où Berlioz semble parfois se plaire.
Des chants médiocres, d'allure vulgaire, boursouflés aussi, vous en trouvez un peu partout : il n'est pas d'œuvre de Berlioz qui n'en soit plus ou moins entachée, même la Damnation de Faust, même Y Enfance du Christ et Roméo. Après tout, je voudrais bien savoir quel est le musicien qui a su échapper complètement à ce défaut, chez qui l'on ne trouve des phrases plus ou moins ordinaires, banales même... en dehors de ceux qui, pour échapper au péril, ont pris le parti de renoncer à toute espèce de mélodie. Je juge donc inutile de citer le moindre exemple de ces idées vulgaires, que chacun saura bien reconnaître au passage. Mais il me paraît bon de mettre sous les yeux du lecteur certains spécimens de ce mélos bizarre que Berlioz affectionne à certains jours. Je crois d'autant plus nécessaire de le faire qu'ici la discussion est possible et que certains musi-
ciens, à mon grand étonnement, admirent ces étrangetés et, à tort ou à raison, qualifient d'admirable ce qui me paraît tourmenté sans raison et anti-musical.
L'un des exemples les plus caractéristiques c'est la phrase dite Tristesse de Roméo, par laquelle débute la 2e partie de l'admirable Symphonie Roméo et Juliette.
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Je me vois contraint d'avouer que cette tirade me donne l'impression de notes jetées au hasard. Et que dire de cet accord d'ut majeur, qui apparaît si malencontreusement à la 4e mesure ?
Je rangerais dans cette même catégorie d'effets manques, de phrases creuses, le long récitatif instrumental qui, dans le même ouvrage, a la prétention d'exprimer l'intervention du prince. C'est sans doute le discours, emphatique plus qu'éloquent, dudit personnage que nous font entendre ces trombones et ces tubas à la voix retentissante.
En voilà assez pour montrer ce que j'appelle, chez Berlioz, le style baroque.
Bien que le chapitre « Harmonie » soit plus spécial encore et moins à la portée de la masse du public, nous
ne saurions nous dispenser de nous y arrêter un instant. II y aurait tant à dire ici! N'est-il pas étonnant qu'il nous faille passer brusquement de l'enthousiasme le plus vif à la surprise la plus désagréable, que d'inexplicables gaucheries côtoient parfois les plus merveilleuses trouvailles ! Cette fois encore, commençons par admirer... et nous n'aurons que l'embarras du choix. Ecoutez cette merveilleuse succession d'accords qui caractérisent si puissamment le désespoir de Faust dans l'Invocation à la Nature. Il faudrait tout citer ici, depuis le début justement tourmenté, douloureux : Nature immense, impénétrable et fier e /...
Andante
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jusqu'à cet accord vraiment sublime, qui éclate, imprévu, formidable, sur le mot ouragans.