‹ BernadetteChapitre 15 sur 26 · BA81LIQ0K DE NUTRE-DAME DE LOURDES · texte numérisé non relu

BA81LIQ0K DE NUTRE-DAME DE LOURDES

Quant à Bernadette, Dieu lui m arquait également sa prédilection, comme il a coutume de le faire pour ses élus, en la soumettant, elle aussi, à la grande épreuve de la douleur. Tandis que, dominant l'immense procession des Fidèles, Sa Grandeur Mgr Laurence, évêque de Tarbes, allait, au nom de l'Église, prendre possession des Roches Massabielle et inaugurer solennellement le culte de la Vierge qui était apparue à la Voyante, Bernadette, comme le prêtre éminent dont nous venons de parler, était frappée parla maladie; et la maternelle- Providence, redoutant peut-être pour son enfant Men-aimée la tentation de quelque vaine gloire, lui dérobait le spectacle de ces fêtes inouïes, où elle eût entendu son nom acclamé par des milliers de bouches et glorifié du haut de la chaire chrétienne par l'ardente parole des prédicateurs. Trop indigente pour être soignée en sa maison, où ni elle ni les siens n'avaient jamais voulu recevoir aucun don, Bernadette avait été transportée à l'hôpital, où elle gisait sur l'humble grabat de la charité publique, au milieu de ces pauvres que le Monde qui passe appelle malheureux, mais que Jésus-Christ a bénis, en les déclarant les bienheureux de son Royaume éternel.

Quelques années s'écoulèrent encore. Le vaste Temple était presque achevé : il s'élevait jusqu'à la naissance des voûtes, et il y avait longtemps déjà

que l'on célébrait" le saint Sacrifice à tous les autels de la crypte souterraine. Des Missionnaires diocésains de la cong-régation de Garaison avaient été installés par l'Évêque à quelques pas de la Grotte et de l'église, pour distribuer aux pèlerins la parole apostolique, les sacrements et le Corps du Seigneur...

La main du Tout-Puissant continuait de répandre au lieu où sa Mère apparut, des grâces de toute nature. Les miracles y étaient fréquents.

Dieu avait fait son œuvre. Et de même qu'au septième jour, quand il rentra dans son repos, il avait remis aux hommes le soin de cette œuvre, leur laissant la faculté redoutable de la développer ou de la compromettre. Tout Bien, venu d'en haut, est confié à la liberté humaine, comme lui fut confié à l'origine le Paradis terrestre, lequel contenait tous les Biens, à la condition de savoir le travailler et le garder, ut operaretu}^ et custodiret illum. Prions Dieu que les hommes ne perdent et ne détruisent jamais ce que la Providence a fait pour eux, et que, par des idées terrestres ou des actes anti-évangéliques, ils ne brisent point, dans leurs mains coupables ou maladroites, le vase des grâces divines, le vase sacré dont ils ont reçu le dépôt.

^I. l'abbé Peyramale avait guéri de la cruelle maladie dont nous parlions plus haut. Il était toujours le vénéré Pasteur de cette chrétienne ville de Lourdes, où sa personnalité, puissante dans le bien, est

à jamais marquée en traits ineffaçables. Longtemps, très longtemps après lui, alors que seront couchées sous les herbes les générations qu'il a formées au Seigneur, alors que les successeurs de ses successeurs habiteront en son presbytère et occuperont à l'église son grand fauteuil de bois, sa pensée sera encore vivante dans l'âme de tous ; et quand on dira ces mots : « le Curé de Lourdes, » c'est à lui que l'on pensera.

Louise Soubirous, la mère de Bernadette, était morte le 8 décembre 1866, le jour même de la fête de l'Immaculée Conception. En choisissant cette fête pour arracher la mère aux misères de ce monde. Celle qui avait dit à l'enfant : (( Je suis l'Immaculée Conception, » semble avoir voulu tempérer, dans le cœur de Bernadette, l'amertume d'une telle mort, et lui rappeler comme un gage certain d'espérance et de bienheureuse résurrection, le souvenir de son Apparition rayonnante.

Tandis que les millions se dirigeaient vers la Grotte pour faire achever le Temple auguste, le père Soubirous était demeuré un pauvre meunier, vivant péniblement du labeur de ses mains. Marie, celle de ses filles qui était avec la Voyante lors de la première Apparition, avait épousé un bon paysan, qui est devenu meunier et qui travaille avec son beau-père.

Quant à Bernadette, elle avait, suivant l'expression du divin Maître, choisi la meilleure part. Elle

LIVKE I

s'était fiancée au céleste Époux et avait pris son humble rang parmi les Vierges du Seigneur.

C'est au couvent de Saint-Gildard, chez les Sœurs de la Charité de Nevers, que nous la retrouverons dans l'étude intime que l'on va lire, et dont ces longs extraits de Notre-Dame de Lourdes ont dû former l'introduction naturelle.

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