‹ Bernadotte, Napoléon et les BourbonsChapitre 29 sur 38 · ÉTATS DE SERVICE DE BERNADOTTE · texte numérisé non relu

ÉTATS DE SERVICE DE BERNADOTTE

Bernadette (Jean de), fils de Henry de Bernadette, procureur au sénéchal, et de demoiselle Jeanne de Saint-Jean (le parrain Jean Bernadotte cadet, aussi procureur au sénéchal, la marraine demoiselle Marie de Besbedes, son épouse).

Né à Pau (et baptisé le même jour) le 26 janvier 1763.

Mort à Stockholm le 8 mars 1844.

Marié le 17 août 1798, à Sceaux-l'Unité, à Bernardine- Eugénie- Désirée Glary.

Taille de 5 pieds 5 pouces 9 li(];nes.

Soldat au régiment d'infanterie Royal-la-Marine (compagnie Brassac), 3 septembre 1780.

Grenadier, 20 mai 1782.

Caporal (compagnie Saint-Hilaire), 16 juin 1785. Sergent (compagnie de chasseurs), 31 août 1785. Fourrier (compagnie de Ghalabre), 21 juin 1786. Sergent-major (compagnie de Belcastel), 11 mai 1788. Adjudant, 7 février 1790.

Lieutenant au 36* régiment d'infanterie, 6 novembre 1791. Adjudant-major au 36*, 30 novembre 1792.

Capitaine (par élection), 18 juillet 1793.

Chef de bataillon (élu par 660 voix le 8 août 1793, confirmé le 8 février 1794).

Chef de brigade commandant la 71* demi-brig^ade d'infanterie de bataille, 4 avril 1794.

Général de brigade (nommé à titre provisoire par les représentants du peuple à Tarmée de Sambre-et-Meuse), 29 juin

Général de division, 22 octobre 1794.

Employé à l'armée d'Italie, 5 février 1797.

En mission à Paris pour porter les drapeaux au Directoire,. 9 août 1797.

Ambassadeur de France à Vienne, février-14 avril 1798.

Commandant la 5' division militaire à Strasbourg, 13 mai

Nommé ambassadeur en Batavie, juin 1798 (refuse).

Employé à l'armée de Mayence, 20 octobre 1798.

Général en chef de l'armée d'observation, 5 février 1799.

Commandant l'aile gauche de l'armée du Danube (général en chef Jourdan), 28 marS"!-l4 avril 1799.

Ministre de la guerre, 2 juillet- 14 septembre 1799.

Conseiller d'État, 24 janvier 1800.

Général en chef de l'armée de l'Ouest, 18 avril 1800-23 septembre 1802.

Ministre plénipotentiaire aux États-Unis, 30 mai 1803 (refuse).

Général en chef de l'armée de Hanovre, 14 mai 1804.

Maréchal d'Empire, 19 mai 1804.

Commandant le !•' corps de la Grande Armée, 29 août 1805.

Réunit à son corps l'armée bavaroise, octobre 1805.

Prince et duc de Ponte-Corvo, avec le titre d'Altesse Sérénissime, 5 juin 1806.

Gouverneur des villes hanséatiques, 14 juillet 1807.

Commandant en chef le corps de troupes de ces villes,. 12 octobre 1808.

Commandant l'armée saxonne (9* corps de l'armée d'Allemagne), 7 mars 1809.

Commandant en chef l'armée du Nord, 12 août-24 septembre

APPENDICES 43i

Elu prince royal de Suède, des Gotlis et des Vandales^ 21 août 1810.

Généralissime des forces de terre et de mer en Suède^ 26 septembre 1810.

Commandant en chef les armées coalisées du nord de TAllema(jne, juillet 1813.

Roi de Suède et de ^îorvè(je (sous le nom de Charles- Jean XIV), 5 février 1818.

Campa{]fnes : Armée du Rhin, 1792-1793 ; Armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, 1794-1797; Armée d'Italie, 1797- 1798 ; Armée du Danube, 1799; Grande Armée, 1805-1807 ;. Armée d'Allema(jne, 1809.

Blessures : Blessé d'un coup de feu au cou à la prise du pont de Spanden, 5 juin 1807.

Citations : Cité à Tordre du jour de la Grande Armée,. 9 novembre 180jS.

Distinctions : Sabre de prix avec ceinturon et pistoletsofferts par le Directoire, 9 septembre 1797; (>;rand officier de la Lé(jion d'honneur et chef de la première cohorte, 12 juillet 1802 ; (jrand ai(jle de la Lésion d'honneur, 2 février 1805.

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile (côté sud).

(Arcliivcs iidiiiinistraiives du Ministère de la Gaerre.)

Pozzo (il Boryo à l' empereur Alexandre.

Mais 1814.

Sire,

Votre Majesté va porter ses armes victorieuses ïi Paris. La. prise de cette capitale doit faire chan^jer de nature la guerre et amener une conclusion heureuse. Paris conquis sans, d'autre but que celui de la jjloire n'accomplirait pas entièrement les desseins bienfaisants de Votre Majesté, c'est-à-dire le

renversement du pouvoir politique de Napoléon et en conséquence l'occasion offerte à la France délivrée de la tyrannie de se donner un gouvernement stable et pacifique. L'exécution de ce projet ne peut commencer qu'avec l'occupation de cette grande ville ; de ce moment, et avec la prudence convenable, le succès devient très probable.

Lorsqu'un homme qui, comme Bonaparte, s'est élevé à une si haute situation, est universellement détesté par l'usage tyrannique qu'il fait de son pouvoir, perd par des malheurs mérités l'opinion qu'il avait inspirée de ses forces et de sa fortune, et que la haine du public excitée par sa tyrannie se réunit au mépris produit par sa faiblesse, la moindre impulsion amène la chute. Cette vérité. Votre Majesté a pu la lire dans la physionomie de tous les Français ; il ne s'agit donc plus que du mode que l'on doit tenir pour arriver à la catastrophe.

Adopter comme règle générale qu'aucune troupe appartenant aux coalisés ne sera établie ni cantonnée dans Paris même. La ville sera mieux contenue et l'armée moins exposée à la corruption et à l'indiscipline. Les mesures de précaution seront arrangées parle gouvernement militaire de concert avec la commune.

Si toute autre armée s'approche de Paris avant celle où Votre Majesté se trouve en personne, le général de cette armée, dans ses communications avec la ville, se bornera à l'assurer de la part de Votre Majesté et de ses alliés que le premier soin sera celui d'assurer la tranquillité de la capitale. Il exhortera en même temps pour que toutes les personnes qui ont une considération méritée auprès du peuple restent, et surtout les membres du Corps législatif.

Dès que Votre Majesté s'approchera de la ville, les pourparlers deviendront plus sérieux et plus explicites, et il conviendra de charger des personnes pour fixer les arrangements préalables d'une manière positive.

Il est de toute nécessité d'attirer Paris dans le grand projet de changement politique. Le premier moyen d'y parvenir ^st d'assurer à la ville la tranquillité et les subsistances. Ce dernier article surtout intéressera la capitale à neutraliser

-immédiatement les pays qui la nourrissent principalement, comme la Normandie, la Brie, la Picardie. Elle enverra des députations pour les exhorter à suivre son exemple et probablement réussira.

Paris une fois satisfait et tranquille sur son sort immédiat, on tâchera de réunir une autorité qui représente provisoirement la France. Le Corps lég^islatif et même la minorité de ce corps suffirait pour parler au nom de la nation. Les actes qui partiraient de Paris, aidés de toute l'influence de la capitale, ne pourraient manquer d'avoir un grand effet.

Le premier de ces actes devrait être une proclamation qui déclare Napoléon déchu du trône ; le second, l'établissement d'un gouvernement provisoire suprême, jusqu'à tant que la nation soit régulièrement consultée dans son vœu pour en fixer un permanent.

La manière d'exprimer ce vœu est un objet qui sera traité et décidé lorsque toutes les mesures précédentes auront habitué l'opinion publique à s'exprimer sur cette question ; ce qui dirigera beaucoup ceux qui doivent la fixer définitivement.

A peine la déchéance sera prononcée, les alliés devraient déclarer par un acte formel qu'ils ne reconnaissent d'autre ennemi en France que Napoléon et ceux qui lui obéissent, et qu'en conséquence ils se regardent en paix avec toutes les autorités et avec toutes les provinces qui accèdent à l'acte du Corps législatif. Si par malheur il n'existait pas de députés de ce corps en nombre suffisant et qu'il fût impossible de les réunir promptement, alors on sonderait l'opinion de la commune de Paris, qui pour le moment assumerait à elle seule de parler à la France.

Dans l'un ou l'autre de ces cas, les plénipotentiaires à Châtillon déclareront que la négociation est suspendue.

Les opérations militaires continueront d'après les circonstances ; la marche politique indiquée ne pourrait contribuer qu'à les rendre plus faciles.

De cet aperçu on ne peut que mettre en avant quelques règles générales de conduite. Le caractère véritable des affadres ne se développe qu'au moment de l'exécution ; la dextérité des hommes qui seront employés pour les traiter influera sur la

réussite, caries difficultés sont toujours proportionnées à l'habileté de ceux qui doivent les vaincre.

(Archives de Saint-Pétersbourg.)

Page 1