‹ Bernadotte, roiChapitre 100 sur 111 · Wieselgren, p · texte numérisé non relu

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l'opposition nationale 285

jour les incidents ont des conséquences plus sérieuses et bientôt les polémiques et les mesures judiciaires ne suffisent plus. Parmi les plus ardents champions des idées libérales figurait le romancier pamphlétaire Crusenstolpe. Poursuivi en 1838 pour lèse-majesté, la cour le condamna à trois ans de détention. Le jour de son transfet-t à la forteresse de Vaxholm, où il devait subir sa peine, le peuple prit fait et cause pour lui et une émeute éclata. A vrai dire, les premières manifestations se réduisirent à du tapage et à quelques carreaux cassés ; mais l'intervention de la populace, Tordre troublé dans la rue, mirent naturellement le roi hors de lui. A tous les sentiments habituels que nous rappelions, se joignait une profonde blessure d'amour-propre : le prince héritier de Russie, le fils de son allié intime, était alors son hôte, et il lui déplaisait souverainement de se montrer à lui contraint de compter avec le peuple ameuté. « Je les écraserai tous », s'écriait-il en gesticulant. La reine, qui était présente, haussait ironiquement les épaules en répétant suivant son habitude : « Toi, qui ne ferais pas de mal à une poule*? » Mais la colère du vieux roi fut moins passagère que de coutume : « Sabrez la canaille », ordonna-t-il. Le gouverneur de Stockholm s'étant démis pour ne pas exécuter ces ordres rigoureux, il prit luimême la direction des opérations ; des batteries se massèrent pour protéger le palais; la ville tout entière

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