‹ Bernadotte, roiChapitre 99 sur 111 · Ulfsparre, p · texte numérisé non relu

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bonne partie ses idées. Eux aussi, par conviction ou par calcul, sont conservateurs forcenés et constamment disposés à engager la lutte; eux aussi se laissent emporter par les passions exagérées du roi et en arrivent ainsi à perdre le sentiment exact des responsabilités et la notion de la mesure.

Tandis que Topposition multiplie ses attaques, le gouvernement dans ses ripostes manque souvent de sang-froid et d'à-propos. La grâce que Lindeberg avait si noblement refusée, n'était pas pure et simple, mais bien une commutation de peine. Le roi lui accordait la vie sauve, mais décrétait qu'il subirait trois ans de détention dans une enceinte fortifiée. Or, si Ton se rappelle le crime, cette condamnation adoucie paraît encore très exagérée. En même temps les procès se multiplient; les moindres pamphlets sont rigoureusement poursuivis. Quelques lignes où le gouvernement est malmené suffisent pour provoquer des condamnations, et on voit des gens réduits à s'enfuir pour avoir donné trop crûment leur avis ou critiqué trop grossièrement leur souverain*. Mais la nervosité dont le pouvoir fait ainsi preuve excite encore ses adversaires, qui, toujours aux aguets, profitent des moindres fautes, relèvent les moindres irrégularités et trouvent dans les moindres maladresses des armes nouvelles.

La lutte devient donc chaque jour plus vive; chaque

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