‹ Bernadotte, roiChapitre 12 sur 111 · Thiers, Histoire de la Révolition française, t. VI · texte numérisé non relu

Thiers, Histoire de la Révolition française, t. VI

L*ACCfiPTATION 31

craintes. Mais le terme d'inquiétude se peut entendre également dans un autre sens qui s'applique aussi bien : il y eut en effet toujours en lui quelque chose d'instable et d'enfiévré.

D'autre part, un de ses contemporains, qui a raconté sur lui nombre de choses erronées mais qui parait l'avoir bien compris, le général Marbot, insiste sur sa « nonchalance »*. Cela encore est très bien vu. ,Ce Gascon trépidant possédait un grand fonds d'indolence, voire de paresse. 11 est capable, le cas échéant, d'efforts extraordinaires. Au temps de son ministère, on le voit quitter à quatre heures du matin sa petite maison de la rue Cisalpine, là-bas dans le faubourg du Roule, prendre au passage ses officiers d'ordonnance et se rendre tout droit à son cabinet où il travaille d'arrache-pied jusqu'au soir*. Et la besogne accomplie de la sorte est énorme, — excellente aussi, car son intelligence est grande, vive et aiguisée. Mais, pour qu'il arrive ainsi à des résultats considérables, il faut que les conditions ambiantes conviennent bien à sa nature et que les événements l'aiguillonnent. Dans d'autres cas, les plus fréquents peut-être, il s'agite beaucoup plus qu'il n'agit. Son esprit très mobile se laisse influencer à la fois par les objets les plus divers et quand les circonstances ne sont pas impérieuses il ne sait guère se tracer une ligne de conduite très précise,

i. Marbot, Mémoires, t. U, p. 271.

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