Voir lung, Bonaparte et son temps, t. lïl, p
L'ACCEPTATlOiN 37
Directoire, Bernadotte qui servait sous ses ordres, se singularisa en faisant bande à part et rédigea un texte très différent des autres*. Au moment du 18 brumaire, il se montra manifestement hostile au coup d'Etat, sans toutefois vouloir, ou pouvoir, s'y opposer franchement : ministre de la guerre lors des premiers préparatifs, il se laissa évincer du ministère après avoir fait mine d'y. vouloir demeurer; puis, lors des journées décisives, il tint à Bonaparte, inquiet de son attitude, un langage très ferme, mais se borna à des protestations*. Plus tard, son opposition s'accentua : il vota contre le consulat à vie. Entre temps, il intriguait plus ou moins confusément et prit ainsi une part active à la conspiration de Rennes.
On sait ce que fut cette conjuration militaire qui, au printemps de 1802, essaya de soulever l'armée contre le gouvernement consulaire^. Bernadotte, qui commandait alors en Bretagne, fut, selon toute vraisemblance, un des inspirateurs du mouvement. La police le sut et son nom figure dans les rapports officiels. Mais, prudent et très retors, à son habitude, il parvint à ne se mettre aucunement en avant. Lorsque la chose se découvrit, certains de ses sous-ordres, voire de ses officiers d'ordonnance, furent inquiétés et interrogés : on ne put
1. Voir notamment Jung, t. III, p. 312, et les Mémoires de Barras, t. IV, chap. I.