Barras, t. II, p. 503; Touchard-Lafosse, t. I, p
3. Voir sur cette affaire l'étude de M. Welschinger, dans la Revue de famille, novembre 1891.
rien lui dire. Peut-être, il est vrai, le Premier Consul désirait il ne point le compromettre ouvertement.
Si les sentiments de Bernadotte à Tégard de Bonaparte sont relativement clairs et faciles à démêler, il n'en est pas de même des sentiments de Bonaparte à Tégard de Bernadotte. On trouve, en effet, dans sa bouche ou sous sa plume, des appréciations très diverses, et, d'autre part, il put être influencé également, en maintes circonstances, par des considérations qui n'avaient rien de politique. La première fois où il le vit, il déclara que c'était « une tête française sur le cœur d'un Romain* », formule bizarre et vague qui peut s'entendre de bien des façons. L'ayant sous ses ordres, à même de bien apprécier son intelligence et son incontestable mérite, il fit de lui, à diverses reprises, des éloges pompeux*. Il alla jusqu'à vanter au Directoire la fermeté de ses principes politiques : il est vrai que c'était dans des circonstances où lui-même croyait devoir faire montre de sentiments ardemment républicains. En réalité, il était trop connaisseur d'hommes pour ne pas deviner l'opposition que Bernadotte serait disposé à lui faire et ne pouvait que s'en irriter. En d'autres occasions donc^ il attaqua avec violence son ancien lieutenant?. Mais^ peu avant le 18 brumaire, il se trouva placé vis-à-vis de lui dans une situation qui l'amena à le ménager, quoi