‹ Bernadotte, roiChapitre 21 sur 111 · Mémoires de Suremain, cités par A. Vandal, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Suremain, cités par A. Vandal, t. II, p

grisait jadis, un peu modifiées par le fait qu'il appartenait dorénavant à une aristocratie, reprirent à ses yeux tout leur prestige, lui faisant éprouver un besoin chaque jour grandissant d'échapper à toute contrainte et de

jouir d'une indépendance absolue C'est à ce moment

que le lieutenant Charles-Otto Môrner vint lui parler de la couronne de Suède. En cette occurrence, deux ordres de considérations pouvaient et devaient influer sur sa conduite : d'une part ses opinions et ses aspirations personnelles; de l'autre, les désirs et les intentions de son souverain.

La question de la succession au trône de Suède méritait de fixer l'attention de l'Empereur. Il importait, en efTet, au point de vue des relations avec la Russie et de la lutte contre l'Anglelerre, que ce pays ne tombât pas sous une influence hostile à ses desseins. Et cependant» il ne sut pas démêler tous les éléments du problème avec sa lucidité habituelle. Par un exemple à peu près unique dans son histoire, il n'eut, sur cette question, ni idée nette, ni dessein arrêté. Quand Charles XIII lui avait écrit pour solliciter son avis, au moment de la can-. didature du prince d'Augustenborg, il s'était borné à des déclarations vagues; quand Bernadottc vint lui parler des ouvertures qu'on lui avait faites, il demeura étonné par cet incident inattendu. L'élection d'un Français pouvait présenter des avantages, mais, d'autre part, Bernadotte n'était assurément pas l'homme le plus propre à faire prévaloir dans le Nord l'influence napo-

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