‹ Bernadotte, roiChapitre 22 sur 111 · L'ACCEPTATION · texte numérisé non relu

L'ACCEPTATION

léonienne. Il aurait donc fallu peser avec grand soin le pour elle contre. L'Empereur ne le^fit pas et se décida, une fois par hasard, à laisser les événements s'accomplir sans essayer de les dominer. Les Suédois s'imaginèrent voter pour le candidat de son choix. lis furent égarés par des malentendus et trompés par de faux rapports, dus peut-être, les uns et les autres, à des habiletés du maréchal. Napoléon garda en réalité dans toute cette affaire une neutralité absolue : Bernadotte ne fut élu ni grâce à lui ni malgré lui *.

Bernadotte, lui, du moment qu'il ne se heurtait pas à une opposition formelle de son souverain, ne pouvait éprouver même l'ombre d'une hésitation. Il ne s'aventura point cependant et, si Ton examine dans le détail la façon dont Fournier se présenta à Ôrebro et la nature des documents dont il était porteur, on remarquera que tout était calculé de manière à rendre un désaveu possible. Mais ces précautions minutieuses marquent simplement la prudence instinctive du maréchal et son désir de se ménager toujours, en cas de défaite, une retraite honorable pour son amour-propre. La perspective d'une couronne était en effet pour le séduire complètement. S'il l'obtenait, il serait définitivement assuré d'une situation hors de pair, d'honneurs de toute sorte, et pourrait, au moins dans la forme, traiter d'égal à égal avec les plus grands de ce monde, avec l'Empereur

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