‹ Bernadotte, roiChapitre 23 sur 111 · Vandal, t. II, p. 4fi · texte numérisé non relu

Vandal, t. II, p. 4fi

lui-même. Et la couronne de Suède avait de quoi le tenter particulièrement : il ne s'agissait pas d*un royaume fondé d'hier, sans traditions et sans gloire. L'abaissement présent n'avait point coraplèlement effacé le prestige passé : malgré la diminution du territoire et les défaites récentes, le souverain qui régnait à Stockholm demeurait le successeur légitime et direct de Gustave- Adolphe et de Charles XII. Enfin, la manière même dont cette couronne pouvait être acquise était aussi pour lui plaire. Il ne la recevrait point comme une faveur. Librement élu par le peuple et adopté par le roi, il ne la tiendrait ni de l'Empereur ni d'une personne déterminée et n'aurait à subir, par conséquent, aucune charge de reconnaissance, aucun lien de vassalité, même morale.

L'élection acquise, il accepta donc sans balancer. L'Empereur, résigné à « laisser s'accomplir la destinée » et satisfait peut-être, dans une certaine mesure, de se voir débarrasser d'un homme aussi turbulent, l'y autorisa facilement et le délia de son serment de fidélité. Il aurait voulu, toutefois, obtenir en échange un engagement formel de ne point porter les armes contre la France et d'adhérer pleinement au système continental : le nouveau prince royal refusa nettement *. Et cela encore n'est point, à mon avis, le signe d'une haine invétérée contre Napoléon ou contre la France : malgré toute sa

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