Suremain, cité par Vandal, t. II, p. 4G
I 3. Tegner, G.-M. Armfelt, t. III, pp. 264 et 265.
et bien prise; son visage n'avait rien de régulier, mais le long nez en bec d'aigle, le front intelligent couronné d'abondants cheveux relevés, les yeux sombres au regard incisif ne pouvaient passer inaperçus et, de toute la personne, se dégageait un air de majesté. En l'apercevant, un des membres du Conseil, Trolle-Wachtmeistcr, qui ne manquait ni d'intelligence ni de jugement, crut voir réunis en un même homme François P' et Louis XIV. Il fit part dans la suite de celte découverte à Mme de Staël qui s'en montra très frappée et s'écria : « C'est le peindre en deux mots » *; il est juste d'ajouter, toutefois, qu'elle laissa échapper cette exclamation en présence de CharlesJean. Et la haute mine du prince se trouvait rehaussée encore par le soin qu'il prenait de sa personne. La correction de la tenue était, à ses yeux, chose absolument capitale, toujours et partout. Un jour de bataille décisive, alors que deux officiers sautaient de cheval devant son quartier général, apportant des nouvelles, il leur dit sans vouloir les entendre : « Comme vous voilà faits, Messieurs, vous avez l'air de brûleurs de maisons... Allez donc vous faire la barbe et revenez vite ^ )) Lui-même apportait aux détails de sa toilette une attention méticuleuse un peu imprévue chez un soldat. La simplicité apparente de sa coiffure cachait un art consommé et les ondulations savamment négligées de ses boucles ne se pouvaient obtenir que grâce au labeur