Schinckel, t. VI, p
2. E. Tegner. G.-M. Ai^felt, t. III, pp. 264, 265, note, 269.
Les conseillers rapportaient paisiblement, le roi dormait. Tout se faisant en suédois, le prince suivait sur un petit résumé en français, préparé à son intention. Tout à coup il leva la tête. Un des conseillers s'était arrêté, un autre prenait la parole : Taffaire — il s'agissait d'un recours en grâce — semblait donc tranchée et le roi n'avait rien dit. Encore mal au fait des traditions adoptées, Charles-Jean interpella : « Sire, il y va de la vie d'un homme.... Qu'en pensez-vous? » Le paisible Charles XIII, violemment tiré de sa torpeur, effaré et ahuri, murmura des mots sans suite. Le prince, s'animant tout à fait, se mit alors à exposer ce qu'il savait, invitant le rapporteur à préciser les détails et insistant sans pitié pour obtenir une réponse, tant et si bien qu'un des assistants dut venir au secours du roi en lui demandant s'il n'était point disposé à ratifier la décision du tribunal. « Si fait, si fait, s'écria-t-il visiblement soulagé, j'approuve ce que le tribunal a jugé... * » En lui-même l'incident n'avait pas grande importance ; il était néanmoins assez caractéristique, car chacun en put conclure que le temps des délibérations léthargiques était passé. Le précédent prince royal, Charles-Auguste, assistait impassible aux séances, n'ouvrant la bouche que si le roi l'y invitait et se bornant alors à quelques mots insignifiants et vagues. Charles-Jean n'était pas capable de perpétuer de pareils errements. Il aimait par