‹ Bernadotte, roiChapitre 30 sur 111 · Schinkel t. VI, p · texte numérisé non relu

Schinkel t. VI, p

l'enthousiasme : « En mettant le pied sur le territoire de la Suède, j'étais déjà entièrement Suédois*... »

En faisant ces déclarations, Charles-Jean était sincère : il le fut presque toujours, ou, plus exactement, s'imagina toujours Têtre. S'il ne disait pas constamment ce qu'il croyait, il croyait constamment ce qu'il disait. Par cela même qu'il émettait une assertion, celle-ci lui apparaissait immédiatement comme certaine et il continuait ensuite à la juger telle, uniquement parce qu'il l'avait une fois avancée. On ne saurait donc l'accuser de mentir, puisque le mensonge consiste proprement dans le fait d'énoncer sciemment des choses inexactes; la prudence, néanmois, commande de ne pas le croire aveuglément : il faut interpréter ses paroles ou ses actes, leur faire subir une perpétuelle transposition. Les Suédois, qui ne s'en doutaient pas, pe trompèrent donc en acceptant ses discours au pied de la lettre. Ils prirent ainsi pour des réalités de simples apparences et cela d'autant plus qu'ils ignoraient également que Charles-Jean possédât au suprême degré l'instinct du théâtre, dans toutes les acceptions que l'on peut donner à ces deux mots.

Il est théâtral d'abord, plus même qu'on ne Tétait généralement en France à cette époque. Il pratique avec continuité les attitudes d'une noblesse un peu outrées, les réminiscences de l'antique et les phrases

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