De Geer, t. H, p. 222; Schinkel, t. V, p
envoyé à Paris par le courrier même qui portait la nouvelle de l'élection *.
La lecture de ce document exerça selon toute vraisemblance une influence sérieuse sur Charles-Jean. L'acquisition de la Norvège pouvait le séduire, car l'entreprise avait sa grandeur et un territoire équivalant aux deux tiers du royaume serait de sa part un présent de bienvenue vraiment royal. Les théories politiques qu'il se piquait de professer lui fournissaient également des arguments. On découvre constamment chez lui les traces des idées ayant cours au début de la Révolution : le libéralisme platonique, par exemple, que nous retrouverons en lui jusqu'à la fin, porte bien la marque de cette époque. Or, parmi les principes alors en honneur figure celui des « frontières naturelles ». Pour la France, la frontière naturelle était le Rhin, pour la Suède, la mer. « La position géographique de la Norvège semble indiquer que la nature elle-même l'a destinée à faire un jour partie intégrante du royaume de Suède. » Cette formule, qui se retrouve jusque dans les traités, est du prince royal lui-même : nous le savons pertinemment, mais l'intervention de la nature dans la politique pratique suffirait déjà à le faire deviner *. Il est donc permis de croire que le grand dessein de politique étrangère de Charles-Jean lui fut suggéré, mais, d'autre part, il s'assi-