Forsell, p
une puîssance plus complaisante le rôle qu'on lui avait dévolu. Le Danemark était demeuré obstinément fidèle à la cause de la France : maintenant que cette cause semblait compromise, peut-être, en le garantissant contre les entreprises de la Suède, pourrait-on Ten détacher, et le décider k une diversion du cô,té de Hambourg. Une telle combinaison eut été particulièrement
avantageuse à la coalition : des hommes d'Etat anglais ou russes y devaient donc fatalement songer. Et, alors même qu'ils ne la réaliseraient pas tout à fait, s'ils s'assuraient, à un titre quelconque, le concours du Danemark, ils hésiteraient évidemment à le. dépouiller ensuite. Dans l'un comme dans l'autre cas, c'en était fait, définitivement sans doute, du grand dessein de Charles-Jean *.
Rien de cela n'échappa au prince royal : il apprécia tous les obstacles, ne se fit jamais d'illusion et même la possibilité d'un abandon lui apparut clairement. Sa sympathie pour le tzar était sincère, mais il suffisait qu'il s'interrogeât lui-même pour connaître les subterfuges dont est capable la conscience d'un chef d'État. Sur ce point encore il dissimula assez souvent sa pe^sée véritable : enchaîné à la Russie, il se voyait obligé, sous peine de tout perdre, de feindre une confiance illimitée. Néanmoins, les difficultés exaspérant son tempérament violent, des propos significatifs lui échappaient