‹ Bernadotte, roiChapitre 47 sur 111 · QQ BERNA.DOTTE ROI · texte numérisé non relu

QQ BERNA.DOTTE ROI

parfois. Continuant à adresser à Saint-Pétersbourg des lettres empreintes de la cordialité la plus franche, il parlait devant l'ambassadeur de Russie, de « ce polisson d'empereur Alexandre qui a fait tuer son père ' ». Parfois aussi, son mécontentement prenait une autre forme, plus singulière et capable de tromper. Une sorte de crise se manifestait dans ses raisonnements et on le voyait soudain, avec une parfaite lucidité apparente, voire avec un calme relatif, improviser un plan d'action diamétralement opposé à celui qu'il avait suivi jusque-là. Un autre jour où l'attitude du tzar l'avait encore désappointé, on l'entendit développer tout un projet de campagne contre la Russie, jusques et. y compris un incendie de Saint-Pétersbourg '. Ses conseillers, toujours hostiles à l'alliance russe, l'écoutaient stupéfaits et ravis. Mais leur enchantement fut court. Si, surexcitée par un incident, l'imagination fumeuse du prince parvenait à dominer sa froideur calculatrice, l'accès durait peu. La raison et la ténacité reprenaient vite le dessus, et ainsi, malgré tous ses écarts de langage et malgré les difficultés qui s'amoncelaient devant lui, Charles-Jean demeura continuellement fidèle à ses projets.

Ce n'est pas à dire, toutefois, qu'il ne les modifia nullement. Il était trop intelligent pour risquer de tout compromettre en s'obstinant à chercher l'impossible.

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