‹ Bernadotte, roiChapitre 49 sur 111 · Rochechouart, Souvenirs, p · texte numérisé non relu

Rochechouart, Souvenirs, p

d'officiers français dont Tun, le comte de Noailles, devint même par la suite aide de camp du duc de Bcrry*. La situation de Tancien maréchal, qui n'était pas demeuré obstinément fidèle à la monarchie et devait beaucoup à Napoléon, différait assurément de celle des émigrés et il ne saurait invoquer les mêmes excuses. Toutefois n'oublions pas que nous cherchons en ce moment non point à juger sa conduite, mais à expliquer ses sentiments. Or tout démontre que Bernadotte, infatué de son mérite, n'avait jamais eu de reconnaissance pour l'Empereur dont les faveurs, suivant lui, demeurèrent toujours très au-dessous des services rendus. D'autre part, entendant distinguer constamment entre la France et l'Empereur, il se pouvait imaginer autorisé à penser de même, d'autant plus que les convictions politiques qu'il se piquait d'avoir semblaient lui en fournir le moyen. Il faisait des vœux pour le « bonheur et la prospérité » de son ancienne patrie, mais marchait contre son ancien souverain, au nom de la « liberté » *. Et ce n'était pas là, chose curieuse, une phraséologie absolument vaine. La Sainte Alliance de 1815 est sortie logiquement de la coalition de 1813 : celle-ci se piquait cependant d'un certain libéralisme. Elle s'adressait aux « peuples », et les sachant exaspérés par la formidable oppression napoléonienne, leur promettait « le retour de leur liberté et de leur indépendance,... ces biens

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