SaintrChamans, Mémoires^ pp.' 285 et
2. Lettre de Charles-Jean à Napoléon, 23 mars 1813, déjà citée.
héréditaires... qui sont imprescriptibles* ». Parlant de la France, elle ajoutait que « belle et forte par ellemême, elle s'occupe du soin de sa prospérité intérieure. Aucune puissance ne la troublera, aucune entreprise hostile ne sera dirigée contre ses limites légitimes ». De pareilles affirmations devaient séduire l'imagination d'un homme se croyant un libéral victime de l'oppression impériale et il en pouvait venir à se persuader qu'il ne nuisait pas à son ancienne patrie en marchant contre ses armées. Ainsi donc, des sentiments et des influences très diverses, un mélange vraiment prodigieux de doctrines, de sophismes, de rancunes et d'intérêt purent dissimuler à l'ancien maréchal la situation vraie dans laquelle il se trouvait. Cette trahison, à lui tant reprochée, il la remarqua à peine : il ne vit point le problème nioral que les circonstances lui posaient et examina simplement si, pour des raisons purement politiques, il convenait à la Suède de céder aux exigences des alliés. Le problème ainsi limité, la réponse devenait évidente : un entêtement trop grand et une résistance intempestive compromettraient le succès final. Le prince modifia donc une fois encore ses projets, comme il les avait déjà modifiés à Abo. Un traité signé le 3 mars 1813 avec l'Angleterre garantit de nouveau la possession de la Norvège et promit des subsides *. En échange, la Suède fit passer en Allemagne
1. Proclamation... au quartier général de Kalisch, 13-25 mars 1813. D'Angeberg, Congrès de Vienne, p. 7.