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Angebert, Congrès de Vienne, p

AU temps où Bernadotte servait sous Napoléon, des considérations n'ayant rien à voir avec la stratégie influaient parfois sur ses résolutions : à plus forte raison en fut-il ainsi le jour où sa position de chef d'État Tobligea à penser à la politique en même temps qu'aux opérations militaires. En 1813 donc, les considérations techniques ne furent jamais seules à dicter sa conduite. Des spécialistes lui ont reproché, par exemple, d'avoir, tout au début de la campagne, laissé réoccuper Hambourg par les Français *. Mais il suffit de rapprocher les dates pour remarquer que cette inaction tant critiquée s'explique parfaitement, car elle coïncide avec les négociations à Copenhague dont je parlais tout à Theure. Des préoccupations qui n'ont rien de militaire apparaissent ainsi constamment dans son attitude générale, dans la manière dont il conçoit son plan de campagne et dans la façon dont il l'exécute, comme dans des détails sans grande importance. Les précautions du politicien en arrivent même parfois à une telle minutie, qu'elles frôlent le comique, car avec lui 1^ fantaisie ne perd jamais ses droits et il est capable, sans s'en apercevoir, d'introduire de la gaité dans le drame le plus sérieux.

A son départ de Suède, le bon M. d'Engestrom, pris d'un de ses attendrissements coutumiers, le supplia, les larmes aux yeux, de ménager les troupes suédoises.

1. Précis militaire de la campagne de 1813 en Allemagne (par lo colonel Yorck de Wartenburg), p. 58.

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Le prince promit formellement et, chose plus singulière, tint parole : non pas, bien entendu, simplement pour complaire à M. d'Engestrôm, mais lui-même se rendait compte que sa popularité demeurerait d'autant plus grande que ses lauriers seraient moins tachés de sang suédois *. L'armée suédoise, fidèle à ses traditions, se conduisait vaillamment partout où elle était engagée, mais les occasions de montrer aa valeur ne lui étaient pas très fréquemment offertes. Par un hasard singulier, les contingents prussiens ou russes avaient toujours à supporter le gros de l'effort : elle arrivait à point pour enlever le succès et se couvrir de gloire. A Grossbeèren, son artillerie seule prit une part sérieuse à l'action : elle était en réserve à Dennevitz; l'infanterie suédoise, enfin, arriva à Leipzig le dernier jour, juste au moment de l'assaut final *.

Le prince, du reste, semblait n'avoir souvent qu'une envie très médiocre de livrer des combats. Même une fois résigné à participer directement aux opérations contre Napoléon, il ne fonça point en avant; et ceci montre bien qu'il n'était pas emporté par une passion aveugle et désireux, par-dessus toute chose, d'assouvir ses rancunes. Le protocole signé à Trachenberg, sans doute à son instigation, avait stipulé que toutes les armées alliées prendraient l'offensive. La sienne ne le lit^ue modérément : lui-même regardait en arrière au

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