‹ Bernadotte, roiChapitre 81 sur 111 · NauckhofT, notamment, pp. 83 et · texte numérisé non relu

NauckhofT, notamment, pp. 83 et

LE ROI RÈGNE i7S

nonce d'une nouvelle désagréable, Charles- Jean se met à tempêter, se monte et finit par annoncer qu'il va écraser ou tuer tout le monde, la reine jouant paisiblement de l'éventail, ponctue chaque déclaration féroce en répétant comme un refrain : « et il ne tuerait pas un chat*. » Souvent aussi les secrétaires d'État qui travaillent avec le roi la voient entrer, en simple négligé, comme le roi est en robe de chambre, car bien que l'après-midi tire à sa fin, il s'agit de la visite matinale. Et chaque fois ce sont, de part et d'autre, les mêmes exclamations de bonhomie affectueuse : « Eh bonjour, ma chère Désirée, comment vous va? — Très bien et vous? » suivies, malgré la présence de tiers, d'un bout de conversation sur le même ton ^. Parfois aussi une audience est interrompue par l'arrivée du prince Oscar et de ses enfants que le roi embrasse aussitôt, toute affaire cessante, avec l'effusion passionnée d'un père à la fois méridional et sensible '. Peut-être ces démonstrations, ces visites et ces conversations familiales ne sont-elles pas toujours très majestueuses, mais cela même ne nuit pas. Les ministres qui entendaient la reine s'informer avec minutie de la santé du roi et l'inviter avec instance à prendre Tair quand il se sentait souffrant, admiraient naturellement sa sollicitude, comme les témoins des embrassements grands-pater-

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