Schinkel, l. VI, p
3. Cf. ses vues touchant la nécessité d'un gouvernement constitutionnel en Allemagne en 1813, Schinkel, t. VII, notamment p. 91.
gouvernement appropriés à son humeur et lui laissaient une autorité très grande en réalité et plus grande encore en apparence.
Charles-Jean accepta donc franchement les lois fondamentales de ses royaumes et s'efforça consciencieusement de les appliquer. Loin de se dérober à la collaboration de ses parlements, il la provoquait au besoin et réunit à diverses reprises des sessions extraordinaires afin de faire sanctionner ses mesures financières. Tout le long de son règne, il ne manqua point d'assembler ses conseillers pour étudier avec eux les affaires, selon les formes prescrites. Les jours de Conseil, il parvenait même à vaincre sa nonchalance toujours grandissante et achevait sa toilette quelques heures plus tôt*.
Mais cette bonne volonté et ces intentions excellentes ne suffisaient pas pour que toutes choses se passassent normalement. Dès que l'on arrivait à la pratique de la vie courante, des difficultés surgissaient du fait même du roi, encore que malgré lui. Le voici, par exemple, en présence de ses conseillers. Puisqu'il ne sait ni le suédois ni le norvégien, force est pour les ministres de parler constamment français. Or la connaissance de cette langue, presque parfaite et générale dans les hautes classes au commencement du siècle, allait en diminuant au fur et à mesure que s'éloignait l'époque de Gustave IIL Les conseillers, en outre, devaient