Nauckhoff, p
traiter des questions techniques, souvent délicates, et tel d'entre eux, parfaitement à même de soutenir dans notre langue une conversation de salon, pouvait se trouver fréquemment embarrassé ou employer des mots les uns pour les autres. Parlant un jour d'une veuve mère de quatre filles déjà grandes et qui sollicitait néanmoins une pension , un secrétaire d'Etat s'exprima en ces termes : « Sire, c'est une veuve, elle est si pauvre... elle a quatre filles grosses. » — « Ah! monsieur, qu'est-ce que vous dites! riposta le roi aussitôt ému. Pau^Te femme! elle doit être bien gênée avec ses quatre filles grosses; certainement elle aura une pension *. »
Autre fait. Tous les documents faisant le fond des délibérations étant naturellement en suédois, on préparait à chaque fois une liste en français énumérant les affaires portées à Tordre du jour. Le roi conservait soigneusement ces listes par devers lui, afin d'y avoir recours en cas de besoin. Il inscrivait en effet sur chacune d'elles la décision prise, ou si aucune solution immédiate n^était intervenue, la mention « renvoyée » ; mais toutes les affaires ainsi ajournées ne figuraient plus sur les listes suivantes, car nul ne savait quand le roi souhaiterait de les étudier de nouveau. Pour toutes celles-là donc aucune trace écrite en français.
Or, un jour, Charles-Jean proposa de discuter cer-