Ulfsparre, p
taine question dont il avait une première fois retardé Texamen. Les conseillers objectèrent qu'elle avait été reprise déjà et définitivement tranchée : il ne s'en souvenait pas. Méfiant comme toujours, il supposa immédiatement un complot, une machination destinée à le tromper, des mesures prises pour gouverner en dehors de lui; bref, il s'irrita, sa colère devint épouvantable, ses discours de plus en plus violents et toute la soirée se passa sans que son entourage éperdu parvînt à le calmer. Il fallut qu'un secrétaire, se relevant en toute hâte vers les onze heures du soir, vînt lui remettre en mémoire certains menus incidents de la discussion et lui rappeler ainsi qu'il avait bien réellement tranché l'affaire lui-même. Avant de recourir à cet expédient suprême, les ministres avaient naturellement offert de recourir aux documents irrécusables, au protocole de la séance qui faisait absolument foi, puisqu'il portait à la dernière page, au-dessous de la formule consacrée : Expédieras^ la grande signature : Cari Johan, barrant toute la page. Le roi s'était vu contraint alors de récuser la pièce qu'il avait lui-même approuvée, en laissant échapper ce cri où perce une angoisse vraiment sincère : « Je ne sais pas ce que vous mettez dans
vos protocoles * »
Mais le fait pour Charles-Jean, d'ignorer les langues de ses sujets, n'avait pas pour seul résultat de risquer