‹ Bernadotte, roiChapitre 9 sur 111 · Schinkel, t. V, p · texte numérisé non relu

Schinkel, t. V, p

l'acceptation 25

A la fin de Tété 1810, — au rapport d'un écrivain officieux dont les dires sont toujours exacts et précis, — par un radieux après-midi, le prince de Ponte-Corvo se promenait dans le parc de son château de la Grange, près de Paris, en compagnie de la princesse sa femme et de son jeune fils, son unique enfant, celui-là même auquel Napoléon, son parrain, avait imposé le prénom ossianesque d'Oscar. Malgré la présence de ce fils adoré^ malgré les splendeurs de la nature qui l'entourait, le maréchal demeurait silencieux et préoccupé. Avec l'in-^ tuition des femmes aimantes, la princesse comprit ce qui se passait dans l'esprit de son époux, elle devina ses angoisses et ses incertitudes au sujet de la couronne lointaine que Ton venait de lui offrir, et, s'approchant de lui, le regarda tendrement. Se voyant deviné, le prince fut troublé à son tour, et, digne représentant d'une génération devenue héroïque mais demeurée au fond un peu sensible, se laissa vaincre par son émotion. Il énonça quelques sentences sur les droits des peuples libres, puis, contemplant son fils avec amour, s'écria : « Eh bien, si j'accepte, ce sera pour Oscar *. »

Quelques années plus tard, le maréchal, devenu roi, recevant M. Xavier Marmier au palais de Stockholm, lui

Page 1