‹ Bernadotte, roiChapitre 98 sur 111 · L'OPPOSITION NATIONALE · texte numérisé non relu

L'OPPOSITION NATIONALE

tant sans excuse, méritaient plus encore que les députés, ce reproche d'ingratitude que le roi prodigue à tous ceux qui, sans égard pour les immenses services qu'il juge avoir rendus au pays, s'évertuent à troubler sa quiétude. Enfin, surtout peut-être, au fur et à mesure que les tendances libérales deviennent plus accentuées en Suède, les tendances conservatrices du roi s'accusent davantage, et ce sont en partie les mêmes causes qui produisent ce double effet.

La révolution de 1830, qui a influé si fortement sur l'esprit public, lui a montré quelles pouvaient être les conséquences d'une opposition libérale et il redoute, s'il ne se défendait point, de subir le sort de Charles X. Les craintes qu'il nourrit pour son trône augmentent encore son désir de résistance; plus que jamais les rapports de sa police secrète trouvent créance à ses yeux et lui font voir partout les intrigues et les complots des « rabulistes », ainsi que l'on commence à désigner toutes les fractions libérales*. L'âge, enfin, exerce aussi son influence : à soixante-dix ans, son activité et sa lucidité d'intelligence sont demeurées ce qu'elles étaient à cinquante, mais son irritation devant les obstacles, son intransigeance et son désir de repos vont chaque jour grandissant. Et si les personnages de son entourage, si les membres du gouvernement notamment, n'approuvent pas tous ses desseins, ils partagent en

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