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avaient absorbé 0,85 litres d'hydrogène, c'est-à-dire 0,0765. Par conséquent, 100 grammes auraient absorbé 1,53 grammes.
Cette action de l'hydrogène sur l’iode est une des plus remarquables de celles observées : elle promet beaucoup de lumière sur sa nature. Il a été changé complètement en acide (1) : cependant l’eau qui l'avait absorbé contenait encore l’iode ; car on le faisait reparaître par l’addition de l’acide sulfurique. Une expérience soignée, que M. Gay-Lussac a finie, lui a appris que l'acide reconnu était une combinaison directe d’iode et d’hydrôgène (1). Il a continué ce travail et en fera connaître les résultats.
L'action du phosphore sur l’iode est une des plus violentes que l’on puisse voir ; elle a lieu à l'instant même du contact à froid : il y a production d’une vive chaleur et dégagement abondant d’un gaz (1), qui, reçu sur le mercure, se trouve (rés acide et inflammable. On a reconnu ensuite que le dégagement du gaz dépendait de la présence de l’eau qui mouillait l’iode dans les premières expériences (2). De l'union du phosphore et de l’iode, résulte une substance rouge comme de la cire à cacheter (3), qui peut supporter une grande chaleur sans se décomposer, ni se sublimer.
Cette matière rouge se dissout avec grande rapidité dans l'acide nitrique ; il en résulte un liquide transparent, incolore comme de l’eau, et qui contient encore l’iode que l’acide sulfurique concentré fait toujours reparaître.
Le soufre s’unit à l’iode (4), mais avec moins d'énergie que le phosphore.
Cette substance nouvelle a une action très puissante sur la plupart des métaux ; elle s'y combine directement, et à froid, aussi bien qu'avec leurs oxides ; l’or et le platine sont les seuls qui n’aient pas été attaqués.
Avec le mercure métallique, elle forme à froid, par l'agitation, une poudre (5) d’un beau rouge imitant le vermillon. Elle donne la même couleur en s’unissant à l’oxide de mercure qu’elle précipite de ses dissolutions.
L’iode attaque vivement à froid le fer, le zinc, l’étain et l’antimoine. A chaud, la combinaison est encore plus prompte ; en
(2) Davy.
(3) Sans doute de l’iodure de phosphore, PI.
(4) lodure de soufre.
(5) Hg 2.
vaisseaux clos et sous l’eau, elle a lieu comme dans l'air. Ces combinaisons sont solubles dans l’eau.
Celles avec lé plomb et l'argent ne sont pas solubles ; la première est d’un assez beau jaune. Quand on met de l’eau sur la combinaison de l’iode et du fer, il y a dissolution sans aucune effervescence ; la potasse en précipite le fer à l’état d’oxide et le prussiate de potasse en bleu. La liqueur contient l’iode que l'acide sulfurique y fait paraître.
L'iode se combine très bien avec la soude et la potasse; les acides l’en séparent comme de ses combinaisons avec la plupart des autres oxides.
L'action de l’ammoniaque donne naissance à une poudre fulminante intactile (1) : en versant cet alcali sur l’iode, il perd son brillant métallique, se change en poudre noire, terne et floconneuse. Si on filtre pour séparer la liqueur qui est incolore, on a la poudre noire sur le papier; aussitôt qu'elle est sèche, elle détonne avec autant de bruit que l'argent fulminant par le plus petit mouvement. En observant cette détonation, on voit toujours la vapeur violette s'élever au moment où elle a lieu ; ainsi l’iode existe dans la liqueur fulminante; il existe aussi dans la liqueur qui contient l'ammoniaque en excès (2), car l'acide sulfurique l'y fait paraître.
Des expériences postérieures à celles-ci et qui sont dues à M. Gay-Lussac, portent à croire que l'iode est une substance simple analogue au chlore (gaz oximuriatique) et que comme lui, elle donne naissance à des acides particuliers en se combinant avec l'hydrogène, le phosphore, le soufre, etc. Ainsi on. aurait maintenant plusieurs corps auxquels on reconnaîtrait la propriété acidifiante que l’on avait jusqu’à présent réservée si exclusivement à l’oxigène (3).
Les dernières lignes de la notice de Courtois et Clément sont édifiantes : « Ainsi, disent-ils, on aurait maintenant plusieurs corps auxquels on reconnaitrait la propriété acidiliante que l'on avait jusqu'à présent réservée si exclusivement
(1) Ilodure d'azote.
(2) Az HA].
(3) Cette opinion sur la nature de l’iode est encore confirmée par des recherches que M. Davy a faites sur cette matière. (Voir plus loin la lettre de Humphry Davy, p. 96).
à l'oxygène ». La grande révolution chimique était accomplie. La vérité éclatait aux yeux des observateurs. Cependant Courtois et Clément n’affirmaient pas encore : « On aurait, on reconnaîtrait », écrivaient-ils. Gay-Lussac et Davy vont être plus catégoriques : ce que Courtois et Clément admettaient sous certaines réserves, les deux grands chimistes vont le démontrer sans hésitation.
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