‹ Bernard Courtois 1777-1838 et la découverte de l'iode 1811Chapitre 2 sur 35 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'état de la chimie en Bourgogne au dix-huitième siècle. — Fondation de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. — Guyton de Morveau et son école. — Jean-Baptiste Courtois, préparateur. — Naissance de Bernard Courtois.

L'Université de Dijon, constituée sous la forme régionale par la loi du 10 juillet 1896, et qui a groupé tous les corps de facultés existants (1), comprend aujourd'hui les trois Facultés de droit, des sciences et des lettres. Elle possède également une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie. Cette libre autonomie, dont l'élément intellectuel bénéficie de nos jours, lui était refusée jadis. L'Université de Paris et quelques autres du royaume avaient seules la haute main sur l’enseignement.

Dijon, capitale de la Bourgogne, méritait une place à part. Sa situation éminente l’autorisait à la réclamer et, dès 1516, elle sollicitait de François I‘ la création d'une Université « en toutes facultés » (2). Dans la suite, les Etats de Bourgogne, le Parlement et la ville de Dijon, en particulier, réclamèrent ce privilège directement au roi et renouvelèrent leur demande à diverses reprises. Les Elus de la province parvinrent même à obtenir gain de cause auprès du régent le 6 juillet 1721. Mais les autres Universités s’alarmèrent, surtout celle de Besançon qui déjà craignait la concurrence (3). Une vive opposition fut

(1) Les Facultés des sciences et des lettres de Dijon, créées en 1808, commencèrent à fonctionner en 1809; l'Ecole de médecine et de pharmacie, établie dès 1799, ne fut organisée complètement qu'en 1837.

(2) Archives de Dijon : B 73, B 169, F 18, Reg. délib. de la Chambre de ville, fo 77 vo.

(3) Une première Université bourguignonne fut instituée à Gray, en 1287, par le comte Othon, prince lettré mais versatile ; l'institution

formée contre les prétentions dijonnaises jusqu'à ce qu'une transaction intervint, transaction insuffisante, du reste, puisque Dijon ne fut autorisé à conserver que la seule Faculté de droit (1).

Cependant Hector-Bernard Pouffier, doyen du Parlement de Bourgogne, qui s'était proposé de pourvoir aux frais d'une Université complète et avait été délégué auprès du Conseil du roi, afin de plaider devant lui la cause de Dijon et d'obtenir le renouvellement de l’autorisation donnée en 1721, voyant l'inutilité de ses efforts, résolut de fonder à Dijon, de sa propre initiative, une Académie des sciences, arts et belles-lettres. Son testament, en date du 1‘ octobre 1725, en prévoyait l'organisation, et trois ans après sa mort, survenue le 17 mars 1736, cette société savante était instituée. L'Université rêvée étant devenue impossible à réaliser, la société nouvelle, bien que le cadre de son programme fût plus étendu, allait tenter d'y suppléer par ses propres moyens. Le 13 janvier 1741, elle s'installait dans la partie de l'hôtel de la rue du Vertbois (2), que son fondateur avait oftert généreusement aux doyens, ses successeurs, pour servir aux réunions de la savante compagnie.

Aussitôt on se mit au travail. Ce serait, en effet, méconnaître leur caractère que de supposer un seul instant que

ne semble pas avoir été autrement réalisée. En 1423, le duc Philippe le Bon décida de fixer à Dole, ville centrale, l’Université des deux Bourgognes ; cette Université vivait avec une certaine prospérité, lorsque la chute de Charles le Téméraire fit de Dole une ville non française, ayant en outre perdu sa position centrale. Dès lors, Besançon se mit à réclamer à son profit l’Université de Dole, tandis que Dijon, de son côté, faisait des démarches pour obtenir une Université qui lui appartint en propre. La conquête de la Franche-Comté fut pour Louis XIV l’occasion de résoudre la question en faveur de Besançon qui, en 1691, hérita de l'Université de Dole, tandis que Dijon obtenait péniblement, en 1722, une Université réduite.

(1) L'arrêt du Conseil du roi, réduisant à la seule Faculté de droit l'Université créée à Dijon, est du 27 septembre 1722.

(2) Aujourd’hui, rue d'Assas, no 16.

les Dijonnais, après l'échec subi dans leurs négociations, allaient se considérer comme battus. Avec la ténacité patiente et le fond spirituel et frondeur qui caractérisent si agréablement la race bourguignonne, ils se tinrent le petit discours suivant: «Le pouvoir central refuse de reconnaître nos Facultés ; nous nous passerons du pouvoir central. Nous nous moquons bien des titres et des honneurs! Ce que nous voulons, c’est faire œuvre utile, sinon glorieuse. Et, comme nous possédons une Académie régionale, nous allons nous en servir. » Tout le monde s’en mêla; les dévouements se multiplièrent. L'Académie, avec le concours des Etats provinciaux, institua des cours de botanique, de chimie, d'astronomie, de médecine, réalisant en fait les Facultés interdites, et le tour fut joué. Un seul point noir menaça, pour un instant, de profiler son ombre sur le tableau : Îa pénurie des professeurs. Alors on vit ceci : un médecin se laissa charger de l’enseignement de la botanique ; un avocat, aidé d’un autre médecin pour les applications médicales, prit l'initiative de professer la chimie, et, par une de ces grâces d'état qui plongent toujours dans la stupéfaction les admirateurs de l’ordre universel, il se trouva, pour ne citer que ces deux derniers, que le médecin était un excellent professeur, et l'avocat, l’un des plus remarquables chimistes de son temps : l'un était le docteur Hugues Maret, dont le cours de science appliquée s’ouvrit le 28 avril 1776, le même jour où l’autre, l'avocat Guyton de Morveau, donnait la première de ses magistrales leçons de chimie (1).

(1) Pour plus d’exactitude, j’ajouterai que le docteur Maret n'était pas

. un professeur au sens strict du mot. Il représentait plutôt un maître de

conférences. La matière médicale, au dix-huitième siècle, comprenait toutes les applications des sciences à la médecine et, par conséquent, à la fois, la chimie appliquée à la médecine et la botanique appliquée à la pharmacie ; le docteur Maret, bien qu’enseignant la matière médicale, était plutôt un chimiste qu’un botaniste, les applications médicales de la botanique étant réservées au docteur Durande.

On peut d’ailleurs établir que, vers cette époque, il existait à l Aca-

Un proverbe que je tiens pour très immoral, dit que : (La fin justifie les moyens ». Il faut bien avouer que parfois la moralité y trouve aussi son compte, car le succès remporté par les cours ainsi créés fut tel, que l'opinion publique s’en mêla et que la réputation de l’Académie de Dijon, à la fin du dix-huitième siècle, devint mondiale. Il est instructif, pour se rendre compte de cet état des esprits, de parcourir les petits journaux de l’époque, où sont relatés jusqu'aux plus menus incidents de cette louable entreprise.

Cependant les programmes sont vite institués, et des cours publics divers sont professés. A: côté de Guyton de Morveau et de Hugues Maret, Durande, docteur en médecine, enseigne la botanique (1), le docteur Chaussier l'anatomie, l'abbé Bertrand l'astronomie. Les auditeurs

démie de Dijon deux enseignements parallèles : 1° un cours de botanique fondé en 1773 au Jardin botanique, professeur : Durande, médecin ; démonstrateur : Tartelin, apothicaire (1780-1793); jardinier : Perrin, puis Gaucherot (1775-1779) ; 2° un cours de chimie fondé en 1776 dans le nouvel hôtel de l’Académie ; professeur : Guyton de Morveau, avocat; professeur adjoint et maître de conférences : Maret, médecin; garçon de laboratoire : Courtois.

I est bien entendu que je n’emploie les désignations de professeur et de maître de conférences qu'en raison des analogies de ces situations enseignantes au dix-huitième siècle avec les situations que l’on désigne aujourd’hui sous ces noms. Pour plus de précision, il faudrait dire que Durande et Guyton de Morveau enseignaient avec tendances à philosopher, tandis que Maret et aussi Tartelin se préoccupaient des applications médicales et industrielles. Quant au jardinier et au garçon de laboratoire, dont les attributions se chevauchèrent quelque temps, ils jouaient le rôle d'employés de confiance, le jardinier vendant des herbes médicinales et, le garçon, des produits chimiques ; l’un et l’autre faisaient en compte des avances pécuniaires assez considérables allant jusqu’à 1,000 et 2,000 livres. Toutes ces situations n'avaient, d’ailleurs, rien de définitif et s’'adaptaient aux besoins et aux individus. Exemple : Gaucherot, en 1778, s'intitule premier garcon‘ de l’Académie ; en 1779, il est remplacé par Tartelin qui jouit d’une situation autrement relevée et se qualifie de démonstrateur, tandis que les jardiniers Dambrun ou Ragonneau (1780-1793), ne sont plus considérés que comme des manœuvres.

(1) Les cours de botanique avaient lieu au Jardin botanique créé par Legouz de Gerland, pour l’Académie, au faubourg de la porte Bourbon (Porte-Neuve). L'emplacement est à l'angle des deux voies actuelles : le boulevard Voltaire et la petite rue Voltaire,

s'empressent auprès des maîtres illustres que notre bonne sève française leur a créés de toutes pièces. Ils sont accueillis, d’ailleurs, dans un cadre digne d’eux, car l’Académie, vigilante, s'étant vue obligée d'acquérir, pour abriter les cours de chimie et installer les laboratoires, un immeuble plus spacieux que l'hôtel légué par son créateur Bernard Pouffier (1), avait acheté, en 1774, le bel hôtel du président Bouchin de Grandmont (2), où le médecin Maret, démonstrateur de matière médicale, était venu aussitôt, en qualité de secrétaire perpétuel, habiter l’un des appartements, tandis qu'à l'intention de l’avocat-professeur de chimie, Guyton de Morveau, l’Académie faisait aménager les laboratoires nécessaires.

C'est dans cet hôtel que, le 9 novembre 1913, la ville de Dijon et les délégations du monde savant célébraient le centenaire de la découverte de l’iode par le chimiste dijonnais Bernard Courtois.

A vrai dire, cette découverte date effectivement de l’année 1811. On lit dans les Annales de chimie (octobre 1813, première série, t. LXXX VIII, p. 304-310) : « La découverte de l’iode est due à M. Courtois, salpêtrier à Paris, qui en fit part à MM. Desormes et Clément, il y a environ dix-huit mois. » D'autre part, dans l'Analyse des travaux de l’Académie des sciences pour l'année 1815, le chevalier Cuvier écrit, en parlant de Courtois : («Cet habile fabricant paraît avoir obtenu l’iode dès la fin de 1811, mais il ne l'avait communiqué qu'à M. Clément, son ami, qui lui-même ne le fit connaître au public que vers la fin de 1813. »

La première communication de cette grande découverte

(1) Des difficultés créées par le doyen, successeur de Pouffier, dans la jouissance de l'hôtel du fondateur, ne furent pas étrangères à ce transfert.

(2) Hôtel situé à l'angle des deux rues actuellement dénommées rue Monge et rue Crébillon. — Son propriétaire, Paul-Joseph-Théodore Bouchin de Grandmont, était premier président de la Chambre des comptes ; il mourut le 20 mai 1772, à l’âge d'environ 82 ans.

eut donc lieu à l’Académie des sciences seulement le 29 novembre 1813. C'est pourquoi la commission d'initiative dijonnaise crut convenable de se rallier à cette date officielle, en décidant d'en célébrer le centenaire le 9 novembre 1913. On ne peut que l’approuver.

La salle où s'était réuni, avec un louable empressement, un auditoire nombreux et choisi, était celle-là même qui constituait le salon où le président Bouchin de Grandmont accueillait jadis les princes de Condé, et où les professeurs dévoués de l’Académie dijonnaise dont je viens d’esquisser la formation, firent entendre leurs voix (1).

C'est là, en particulier, que Guyton de Morveau, l’auteur du Dictionnaire de chimie et de l'Encyclopédie méthodique ; l'orateur qui devait, par la suite, illustrer de son talent l'Assemblée législative, la Convention, l'Institut et diriger enfin notre Ecole polytechnique, enseigna la chimie. Dans cette salle au style Louis XIV, aussi décoratif que chargé, aussi noble qu'harmonieux, la glorification de Bernard Courtois revêtait en 1913 une solennité véritable. Pourtant un intérêt plus direct allait retenir bientôt l'attention des auditeurs.

Par suite d’une série de circonstances, une partie de la vie de la famille Courtois, dont la destinée fut liée pendant une longue période à celle du grand chimiste Guyton de Morveau, s’est écoulée précisément entre les murs de cet hôtel. C'est dans l'immeuble qui lui faisait face que naquit Bernard Courtois, et c’est là que son enfance et sa jeunesse s'épanouirent.

La chose se fit le plus simplement du monde : M. de Grandmont, l’ancien propriétaire de l'hôtel, possédait un

(1) À la suite des événements de l’année 1793, l'hôtel de l’Académie fut attribué à l'Etat qui y installa la Faculté des sciences et celle des lettres. Le salon, dont il est question ici, et où se tenaient les séances publiques de l’Académie, est aujourd'hui la salle des actes de l'Université. Par contre, l’Académie occupe actuellement, au Palais des Etats de Bourgogne, les appartements de l'Elu de Ja noblesse, offerts sans

succès par la Ville, en 1808, pour y installer les Facultés.

valet qui n'était autre que Jean-Baptiste Courtois (1), le père futur de Bernard. Ce brave Jean-Baptiste aimait, certes, son maître; mais il aimait davantage encore sa maison. Aussi, son maître disparu, s'était-il installé marchand de vin, de l’autre côté de la rue, et, l'hôtel vendu, s’empressa-t-il de solliciter Guyton de Morveau d'utiliser ses services. Et, le 28 avril 1776, lorsque M. de Morveau ouvrit son cours dans l'hôtel de l’Académie, Jean-Baptiste Courtois était à ses côtés (2).

(1) Jean-Baptiste Courtois était originaire de Plombières, près de Dijon. Il appartenait à une famille de cordonniers qui, dans ce village, remplissaient également le rôle de marguilliers. Son acte de baptême est ainsi conçu : «Jean, fils de pierre Courtois, cordonnier à Plombiere et de Claudine Moreau sa femme, ses pere et mere, est venû au monde le dernier aoust 1748, et a été baptisé le jour suivant par moy soussigné, curé dudit lieu. Parein, Jean Gaudelet fils, mareine Marie Janniard, lesquels ont signé avec moy. PETITOT, Marie JANNIARD, J. GAUDELET. »

Zacharie, frère de Jean-Baptiste, conserva la maison paternelle, située en face de la partie nord de l’église, et continua d'exercer le métier de cordonnier et les fonctions de marguillier. Il fut agent national du district pendant la Révolution. Et c’est chez lui, que le jeune Bernard venait passer ses vacances, alors qu’il poursuivait ses études de pharmacien. La tante de Bernard vaquait volontiers au soin des malades, et son jeune neveu l’approvisionnait en médicaments. Quant à Jean-Baptiste, sa famille l’appelait gravement le « pharmacien de l’Académie ». — Ces renseignements nous ont été fournis obligeamment par une arrière-petite-fille de Zacharie, Mme Devillebichot-Courtois.

(2) Pour préciser les domiciles successifs de J.-B. Courtois, voici quelques détails recueillis dans les archives de l’Académie (v. plan, p. 22) :

L'hôtel de l’Académie se composait d’un bâtiment principal, parallèle à la rue Monge actuelle, mais en retrait sur cette rue. C’est dans ce bâtiment que se trouvait et que se trouve encore le grand salon. Audessous, une cave que J.-B. Courtois loua 361. à l'Académie, dès le 1°" janvier 1775. Courtois, nous l'avons dit, se qualifiait de marchand de vin.

Perpendiculairement au bâtiment principal se détachaient, formant aile, des bâtiments secondaires venant ouvrir leur extrémité libre sur la rue Monge actuelle, juste en face de la maison où Courtois s'était établi. Ces bâtiments secondaires, utilisés par M. de Grandmont comme écurie et remise, et comme galerie et chambres au premier, furent transformés par l’Académie en bibliothèque, salle de collections et laboratoire. C’est dans ce laboratoire que Courtois pénétra la même année 1775, où nous le voyons émarger 40 1. de gages. Le 1° janvier suivant, il est agréé régulièrement comme garçon de laboratoire, aux gages annuels de 200 L. ;

C'était un homme intelligent, laborieux et observateur. Admis au laboratoire de chimie, en qualité d'aide, il devint promptement un bon préparateur. Il collaborait aux travaux de son maître. Il acquit sa confiance. Et, comme le laboratoire de chimie de l’Académie était appelé, par les circonstances, à jouer en partie le rôle d’un magasin d’approvisionnement et de débit de médicaments chimiques, c'est au fidèle Jean-Baptiste que l'on confia, outre ses attributions spéciales, la charge de la comptabilité et de la caisse courante. Dans son ouvrage sur Za pharmacie en Bourgogne, notre confrère, le docteur Baudot, a noté quelques pages de ces livres de comptes. On y voit toute l'évolution économique de l’époque et comment peu à peu les apothicaires et les droguistes, de clients qu'ils étaient

dès les premiers mois de 1776, il se fait rembourser d'importantes avances, confiance que justifie, sans aucun doute, sa réputation acquise dans le voisinage. Il conserve, mais à titre gratuit, la jouissance de la cave sous le grand salon.

Contiguës à l’aile dont nous venons de parler, et en liaison avec celle-ci, existaient des constructions de moindre importance, avec boutiques, où étaient logés le tonnelier Accard et le vinaigrier Renaudot. L'Académie, ayant résilié le bail Accard, Courtois, « garçon de laboratoire et employé de l'Académie », sollicita ce logement. On le lui accorda, sauf à retenir le loyer sur ses gages. [Il s’y installa dans le cours de l’année 1779, et le loyer étant de 190 1., il toucha en fin d'année 10 1. montant deses gages résiduaires, auxquels s’ajoutèrent libéralement 61. de gratification.

Le nouveau locataire ne parut pas autrement satisfait. Mais, heureuse coïncidence, Gaucherot qui cumulait, moyennant 300 1., les fonctions de jardinier, et, moyennant 150 1., le « titre » de premier garçon du laboratoire, se vit renvoyé en fin d'année 1779. M. de Morveau représenta alors à l’Académie «que Courtois, par le renvoy de Gaucherot, alloit être désormais chargé seul du travail du laboratoire, que cette augmentation d’occupation lui paraissoit mériter une augmentation de gage »; et il fut arrêté qu'indépendamment du logement qu'on lui cédait, il lui serait payé chaque année cent francs de gage. Il n’est plus question de la cave.

En 1784, les gages de Courtois sont portés à 150 1., avec le logement, et ils sont maintenus à ce taux jusqu'au 29 novembre 1789, date à laquelle se clôt le registre des comptes académiques.

Courtois père aurait donc habité, d’une façon certaine, la maison natale de Bernard, rue du Pont-Arnault, de 1775 à 1779, et les bâtiments de l’Académie, rue des Carmes, -de 1779 à 1789. Dans la suite nous le verrons habiter la Nitrière, de 1789 à 1802.

d’abord, devinrent à leur tour les fournisseurs du laboratoire. L’habile Jean-Baptiste n’y perdait pas son temps, et les journaux d'alors reproduisaient cette réclame (1) que je détache en hors-d’œuvre :

Le sieur Courtois, demeurant dans les bâtimens de l’Académie, rue Porte d'Ouche, donne avis que l'on trouve chez lui toutes les préparations nécessaires aux expériences de Chymie, ainsi que des vinaigres rectifiés et concentrés pour la table. Il fait aussi des conducteurs pour le Magnétisme animal. Le flacon tout ajusté et rempli est du prix de 24 liv. On trouve aussi chez lui des bougies phosphoriques.

Outre cette annonce, il distribuait un prospectus (2) dont voici la teneur :

Esprit de vinaigre pour la table : MM. de Morveau, Maret. Durande et Chaussier, commissaires nommés pour examiner un esprit de vinaigre, présenté et préparé par le sieur Courtois, en ont fait le rapport en ces termes :

« Les Académiciens, chargés du cours de chymie, ayant fait sentir tout le danger du vinaigre distillé dans les vaisseaux de cuivre, même étamés, tel que celui qui étoit le plus généralement dans le commerce, plusieurs personnes engagèrent le sieur Courtois, attaché au laboratoire de l’Académie, à leur remettre, pour leur usage, du vinaigre, distillé dans les vaisseaux de verre ou de grès, qui servoit aux expériences.

» Ce vinaigre, estimé pour sa pureté et sa salubrité, avoit l’inconvénient inévitable d’être toujours plus foible que le vinaigre dont on le retiroit, et il n’étoit pas possible, sans perdre les premiers avantages, ni de l’aiguiser par des acides minéraux, ni même de le renforcer par le Vinaigre radical ou Esprit de Vénus, que tous les chymistes reconnoissent ne devoir jamais être administré intérieurement.

» Il s’agissoit donc de trouver la manière de faire un vinaigre aussi pur et que l’on pût néanmoins mettre toujours au degré de force que l’on désireroit ; il nous a paru que le sieur Courtois avoit atteint ce but par une heureuse application des principes développés dans les cours de l'Académie, et particulièrement

() Affiches. de Dijon ou Journal de la Bourgogne, 10 août 1784. (2) Bibl. de Dijon, fonds Milsand, 7250.

d'après les expériences d’un célèbre chymiste allemand, M. Westendorf.

» Nous avons suivi tous les procédés de distillation, de concentration et de rectification de ce nouveau vinaigre, nous l'avons soumis à toutes les épreuves d’analyse et par les réactifs; et nous nous sommes convaincus quilne tenoit effectivement que le pur acide du vin, dégagé de toute matière colorante et extractive et porté à un degré de force qu'il n'est pas possible d’obtenir par la seule distillation; enfin que la méthode du sieur Courtois le mettoit à portée de conserver invariablement à son vinaigre le terme de concentration auquel il s’est arrêté, et qui le rendra aussi agréable que sain dans tous les usages domestiques.

» Fait à l’Académie ce 18 avril 1782. Signé, DE MORVEAU. MARET, DURANDE el CHAUSSIER. »

Je, soussigné Secrétaire perpétuel, certifie que l'extrait ci-dessus est conforme à l'original et au jugement de l’Académie, A Dijon, ce 19 avril 1782.

Signé, MARET.

L'esprit de vinaigre pour la table se vend 2 Liv. la bouteille, contenant la pinte de Paris.

Il faut s'adresser au sieur Courtois, à l'hôtel de l’Académie.

Les personnes qui désireroient un esprit de vinaigre encore plus fort ou pour d’autres usages que pour la table, en trouveront chez le dit sieur Courtois, à tel degré qu'ils jugeront à propos, moyennant une augmentation de prix

Permis d'imprimer et distribuer. A Dijon, le 20 avril 1782.

Signé, RAVIOT.

Pour comprendre l'intérêt que l'exploitation du vinaigre présentait à l’époque de Courtois, il est bon de rappeler la réputation mondiale de la moutarde fabriquée dans le pays dijonnais. Or, si le vinaigre est partie intégrante des moutardes communes, les moutardes de luxe et en particulier la véritable moutarde de Dijon sontexclusivement préparées avec le verjus de Bourgogne. Il n’en reste pas moins établi qu'à Dijon, la fabrication de la moutarde était généralement réservée aux maîtres vinaigriers. Elle avait, de ce fait, acquis dans la cité dijonnaise une indiscutable importance. En

1733, on ne comptait pas moins de 53 vinaigriers-moulardiers, installés tant dans la ville que dans les faubourgs (1).

Au dix-huitième siècle d’ailleurs, et il en fut ainsi jusqu'aux travaux de Pasteur, le vinaigre était de conservation incertaine et de force irrégulière, au grand préjudice de l'exportation pour les qualités moyennes (2).

(1) Bibl. de Dijon, fonds Milsand, 12302.

(2) Du même ordre, quant à sa raison d'être, mais plus intéressante quant à ses résultats, nous apparaît la découverte de Mollerat. On sait que vers le milieu du dix-huitième siècle, des Allemands, Saxons en particulier, manufacturaient le Holzessig (Ann. de l’agriculture française, 14 août 1806, p. 243), sorte de vinaigre empyreumatique retiré du bois par distillation. Or, vers 1799, un charbonnier bourguignon, J.-B. Mollerat, versé dans les nouvelles connaissances de chimie, trouva un procédé de rectification permettant de retirer de ces produits pyroligneux un vinaigre incolore, limpide, imputrescible, sans odeur ni saveur empyreumatiques. Un moment, l'Exposition de Paris, en 1806, tenta notre inventeur, mais soit par insuffisance de son installation de Pellerey (hameau situé entre Curtil-Vergy et Messanges), près de Nuits (Côte-d'Or), soit par manque de.mise au point de sa fabrication, il ne lança la vente du nouveau produit qu'en 1808, « chez M. Tilloy, pharmacien, rue Piron, à Dijon », sous la désignation « vinaigres nouveaux inaltérables, et de la plus grande limpidité. Simples, odeur de vin, estragon, 1 fr. 25; orange, citron, menthe, 1 fr. 50 la bouteille. — Vinaigre de table, 1 fr. 25; idem de toilette, 1 fr. 50. ». (Journal de la Côte-d'Or, par Carion, 14 avril, 5 mai, 22 mai 1808.)

Une telle annonce était quelque peu osée. Les vinaigriers s’émurent, et l’un d'eux, de Gouvenain, s'étant mis à leur tête (son vinaigre se vendait trent-six sous), une grosse contestation professionnelle passionna le public dijonnais de 1808. Le Journal de la Côte-d'Or trouva durant deux mois de la copie abondante venue des deux antagonistes. L'Institut (mémoire présenté le 11 janvier, rapporté le 25 février et le 9 mai par Bertholet, Fourcroy, Vauquelin), l'Académie de Dijon (commission de sept membres dont les pharmaciens Tartelin et Guichard), le préfet de la Côte-d'Or (1° juillet) furent mis à contribution pour définir vinaigre, acide pyroligneux, vinaigre de bois, etc. (J.-B. Mollerat, Récapitulalion des faits sur l'affaire des vinaigres, Dijon, 1808 ; de Gouvenain, Les erreurs chimiques. de J.-B. Mollerat, Dijon, 1808), et départager l’empirisme et la science, l’ancien vinaigre de vin et le nouveau vinaigre chimique.

Bref, Mollerat tint bon, installa de concert avec son frère Bernard, son industrie à Pouilly-sur-Saône, près de Seurre (Côte-d'Or), et vendit beaucoup de son vinaigre, encore connu aujourd’hui à Dijon sous le

nom de vinaigre Mollerat. Si Mollerat, quoique charbonnier, fut un

Nul doute que ces inconvénients, joints à l'intérêt qui s'attache à toute industrie locale, n'aient retenu plus spécialement l'attention des chimistes de l'Académie de Dijon et sollicité, par à côté, l'esprit éveillé du préparateur J.-B. Courtois (1) : les vinaigres distillés de Courtois, connus sous le nom de vinaigres de l'Académie, durent à leur stabilité et à leur force. indéfinie, un succès que seul vint rompre le bouleversement révolutionnaire.

Du reste, notre homme possédait un sens commercial très développé (2). Non content de cette fabrication, il y

chimiste avisé et un lettré, de Gouvenain, quoique vinaigrier, pratiquait volontiers les travaux d’études expérimentales et les recherches de chimie industrielle; ne le voyons-nous pas occupé, en 1821, à rédiger un volume sur les fermentations vineuses et acéteuses, le fruit de trente années d’expérience ? (Mém. de l'Académie de Dijon, 1821, D:1117)

Ces deux figures, qui combattirent, affrontées pour des intérêts particuliers ou professionnels, ont, par leur commune querelle, stimulé également les progrès d’un chapitre de la chimie industrielle, et, à ce titre, méritaient d’être signalées.

(1) Note 2, p. 13-14, nous avons vu J.-B. Courtois, voisin immédiat du vinaigrier Renaudot. Leurs relations étaient bonnes, car p. 35, nous verrons Jeanne, fille de Renaudot, vinaigrier, devenir la marraine de Pierre (deuxième du nom), fils de J.-B. Courtois. Renaudot, déjà installé dans les locaux de l’Académie en 1773, y est encore en 1793. Rien d'étonnant dès lors que le marchand de vin Courtois ait acquis facilement quelques données pratiques sur les défauts de fabrication et de conservation des vinaigres. '

(2) A part les vinaigres de vin distillés, Courtois vendait des encres, des produits chimiques et jusqu’au taffetas non employé à la confection des aérostats de l’Académie. Parmi les produits chimiques, son blanc de zinc, pour la peinture, eut pour lui un double succès, comme inventeur et comme commerçant :

« C’est Courtois, préparateur au laboratoire de l’Académie de Dijon, qui, le premier, en 1780, eut l’idée de substituer l’oxyde de zinc au carbonate de plomb pour les peintures aux bâtiments, et qui prépara, pour cet usage, un blanc de zinc inaltérable. Trois ans plus tard, Guyton de Morveau publiait une longue étude sur cette intéressante question dans les Mémoires de l’Académie de Dijon. » (Rapport fait à la Chambre des députés sur l’emploi des composés du plomb pour la peinture en bâtiments, par Jules-Louis Breton, Paris, 1907, p. 3.)

« Le sieur Courtois, attaché au laboratoire de l’Académie, et qui en a entrepris la fabrication (celle du blanc de zinc), a déjà fait annoncer

ajouta bientôt celle des eaux gazeuses, une nouveauté pour l'époque, qu'il qualifiait d’ «eau d'air fixe », par allusion à la présence de l'acide carbonique qu'elles contenaient. Il les débitait au prix de 12 sols les deux demi-bouteilles. Précédemment, d’ailleurs, il s'était établi marchand de vin (1). La boutique, nous l'avons dit, était située en face du laboratoire de l’Académie, et c'est dans cette boutique, en partie enfouie sous le terrain qui bordait alors le torrent légendaire de Suzon, et à laquelle on accédait par des escaliers dits du pont Arnault(2), qu'en l'an de grâce 1777, un an aprés l'ouverture des cours de chimie dans l’ancien hôtel de M. de Grandmont, le ciel, suivant la formule consacrée, bénissait le ménage Courtois, en lui accordant un fils. Bernard n'était ni le premier, ni le seul fils de Jean-

quil le donnoit au prix de 4 1. 10 s., et même de 4 liv. pour la seconde qualité; aussi commence-t-on à en faire usage, même pour les appartemens, moins encore par rapport à son inaltérabilité qu’à sa salubrité. Pour juger combien cette confiance est fondée, il suffit de rappeler que les pharmacopées donnent des formules de remèdes intérieurs, dans lesquels il entre jusqu’à un demi-gros de fleurs de zinc. Le sieur Courtois est parvenu depuis peu, non seulement à donner plus de corps à ce blanc, ce que les peintres avoient paru desirer, mais encore à porter l’intensité de sa nuance, au point de soutenir la comparaison du blanc de plomb à l'huile et à la détrempe. Le seul défaut qu’on lui ait trouvé, est de sécher un peu lentement lorsqu'on l’emploie à l’huile... Au reste, j'avois précédemment indiqué un moyen de le rendre siccatif, à volonté, en y ajoutant un peu de vitriol de zinc légèrement calciné.. » (Recherches pour perfectionner la préparation des couleurs employées dans la peinture, par M. de Morveau, in Nouveaux Mémoires de l’Académie de Dijon, premier semestre 1782, p. 23.) ÿ

(1) Les registres paroissiaux donnent à Jean-Baptiste Courtois la profession de marchand, la première fois en mars 1774, la dernière fois en juillet 1780. Les impôts de 1781 le désignent comme marchand de vin et cette profession lui est attribuée jusque sur les listes électorales de

(2) En 1775-6, Courtois, cy-devant domestique, est porté aux rôles de tailles, paroisse Saint-Philibert, retour de la rue Porte-d'Ouche, maison n° 1329. Les titres de propriété permettent d'identifier le n° 1329 de 1775-1782 avec le n° 78 de la rue Porte-d’Ouche, en 1836. La maison natale de Bernard Courtois est donc au n° 78 de la rue Monge actuelle. (Cette partie de rue reçut successivement les noms de rue du Pont- Arnault, rue Porte-d'Ouche, rue Bassano, et enfin rue Monge.)

Baptiste. De son mariage (1) avec Marie Blez (ou Bled, ou Blé), fille d'un manouvrier de Villy-le-Moutier (Côte-d'Or), célébré le 5 novembre 1771, Jean-Baptiste Courtois eut sept enfants : Catherine, Clément, Pierre, Bernard, Jean- Baptiste, et deux jumeaux: Pierre (deuxième du nom) et Anne-Marie. Bernard était donc le quatrième. Son acte de baptème est ainsi conçu :

Paroisse Saint-Philibert. — « Bernard, fils de sieur Jean Baptiste Courtois, marchand, et de demoiselle Marie Blez, est né le huit et a eté baptizé le neuf fevrier 1777; il a eu pour parrein sieur Bernard Maret, fils de Monsieur Huges Maret, docteur en médecine; et pour marreine demoiselle Catherine Champagne, fille de sieur Jean-Marie Champagne, marchand, lesquels se sont soussignés avec moi vicaire : Catherine CHAMPAGNE, Bernard MareT, Courrois, LAVERNE, vicaire, » (Archives de Dijon, B 618, fc 8.)

Le lendemain de sa naissance, en l’église Saint-Philibert, l'enfant avait donc recu de son parrain le prénom de Bernard. Ce prénom est très commun en Bourgogne. Saint Bernard naquit à 2 kilomètres de Dijon, et les couvents de Cîteaux et de Clairvaux illustrent cette région. Il n’y aurait donc rien d’extraordinaire à ce que le nouveau-né eût ainsi reçu le nom du saint vénéré de la Bourgogne, et nous n’insisterions pas davantage sur ce fait banal, si le jeune parrain du fils

(1) Paroisse Saint-Philibert. — « L'an 1771, le cinq novembre, après trois publications faites tant dans cette paroisse qu'en celle de Plombières, sans opposition, vus les certificat et lettre de recedo de Monsieur Belin, curé de Plombières, en date du quatre novembre 1771, je soussigné curé de Saint-Philibert, ai donné la bénédiction nuptiale-en cette église, à Jean Courtois, domestique chez M. le président de Grantmont, fils de Pierre Courtois et de Claudine Morot, cy présents et consentants d’une part, et à Marie Blé, fille majeure de défunts Pierre Blé, manouvrier à Villy le Mouthier, et-de Jeanne Poupon, suivant leurs extraits mortuaires, certifiés par M. Moingeon, curé de Villy, en datte du onze octobre 1771, d'autre part. L’époux ayant signé avec les temoins présents aud. mariage et l’épouse ayant déclaré ne le scavoir. Jean CourTois, P. CourTois, MOREAU, J, GAUDELKT, P. Lamy, MENU, curé. » (Archives de Dijon, B 612, fe 364.)

ni cf

de Jean-Baptiste était un Bernard quelconque. Mais nous retrouvons en lui quelqu'un de notre connaissance. Il s'appelait, ai-je dit, Bernard Maret (1) et était le fils du docteur Maret, collègue de Guyton de Morveau, dont je vous ai signalé plus haut les attributions de professeur de matière médicale. Le docteur Maret logeait, à titre de secrétaire de l’Académie, dans un appartement de l'hôtel où Jean-Baptiste Courtois occupait avec tant d'avantages le poste de préparateur de chimie. En accordant à l'enfant de ce brave homme le parrainage de son fils, il rendait ainsi un éclatant hommage à la fidélité d’un bon serviteur. Hommage d'autant plus éclatant que le gamin de quatorze ans qui remplissait en 1777 ce rôle ingénu, devait en jouer plus tard un autre, et des plus grands, sur la scène du monde, comme rédacteur officieux des séances de la Constituante, jacobin, feuillant, secrétaire des consuls, chef du cabinet de l’empereur, ministre des affaires étrangères, duc de Bassano, pair de France sous Louis-Philippe, ambassadeur et membre de l’Académie française (2).

(1) Paroisse Saint-Jean. — « Bernard, fils du sieur Hugues Maret, docteur en medecine, et de dame Jeanne Malechard, son épouse, est venu au monde et a été baptizé le 22 juillet 1773. Son parain, M. Bernard Maret, chirurgien, oncle paternel de l’enfant, et sa maraine, demoiselle Catherine Maret, femme du sieur Jean Naïgeon, changeur du roy, tante paternelle de l’enfant. MARET-NAIGEON, MaARET, Hugues MaRET, Prorer, doyen, curé. » (Archives de Dijon, B 604, fo 313.)

A titre documentaire, signalons, le même jour, le baptême de Jean,

jumeau de Bernard.

(2) Il a été dit que la famille Maret était apparentée avec celle de Jean- Baptiste Courtois. La chose paraît vraisemblable, d'autant que nous avons retrouvé les relations de parrainage suivantes :

a) Catherine Champagne, nièce d’Odette Courtois (sans relation établie de parenté avec Jean-Baptiste Courtois), est marraine de Bernarä, fils de Jean-Baptiste Courtois.

b) Marie-Joseph Champagne, fille d'Odette Courtois, est marraine et cousine germaine d’une fille de Claude Courtois, marchand de fer (sans relation de parenté établie avec Jean-Baptiste Courtois).

c) Claude Courtois, marchand de fer, est parrain et grand-oncle paternel d’une fille du docteur Maret.

Si la parenté Maret - Claude Courtois - Odette Courtois - Catherine

Le cadre s'élargit, et vous voyez pourquoi j'ai dû parler si longuement et de l'installation de l'Académie dans cette maison, et des hôtes illustres qui l'habitèrent. Cet enfant, dont la biographie nous occupe aujourd'hui, il a fait ses premiers pas dans cette demeure. Il a trottiné le long des

Echelle de 1 pour 1,250,

L'HÔTEL DE L’ACADÉMIE (ABCD) et la MAISON NATALE DE BERNARD COURTOIS (E), d’après le plan cadastral (1812) et le plan de Mickel (1759).

B : le grand salon; C : le laboratoire de l’Académie ; s : Suzon.

vastes couloirs de la maison. Il a, juché sur quelque escabeau de bois, contemplé son père maniant les cornues et chauffant les creusets. Ses oreilles ont entendu des propos

Champagne est certaine, la relation Odette Courtois - Jean-Baptiste Courtois se limite au baptême de Bernard Courtois. A Plombières-lez-Dijon, la propriété des Maret et celle des Courtois,

cordonniers, étaient contiguës, avec des servitudes réciproques. (Voir note 1, p.13:)

où la chimie tenait la plus grande place. Il a été bercé, il a grandi dans une atmosphère où l'étude et le travail étaient en honneur. Peut-être même a-t-il reçu ses premières leçons de la bouche du grand savant dont son père était le collaborateur adroit et estimé...

J'emploie avec intention ce dernier qualificatif ; Guyton de Morveau devait, en effet, apprécier tout particulièrement les qualités de son préparateur, puisque, quatre ans seulement après son entrée en fonctions auprès de lui, il le jugea capable de diriger une nitrière artificielle dont il lui confia l'administration.

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