‹ Bernard Courtois 1777-1838 et la découverte de l'iode 1811Chapitre 23 sur 35 · SE · texte numérisé non relu

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Les travaux de Gay-Lussac et de Davy renferment tout ce qui a été dit de plus important sur l’iode, à l’époque de la découverte de Courtois. C’est pourquoi j'ai tenu à leur donner, dans cette étude, une large place.

Ces travaux ne sont cependant pas les seuls. Il est aisé de penser qu'une découverte aussi sensationnelle, et dont la répercussion devait avoir son effet sur la chimie tout entière, passionnait au plus haut point la curiosité de tous les chercheurs. Pourtant aucun fait nouveau n’est révélé dans les écrits des contemporains. On y trouve des redites et des observations secondaires. Nous nous contenterons donc de citer les travaux suivants :

Annales de chimie (1814).

Tome XC. Mémoire sur les combinaisons de l’iode avec les substances vegétales et animales, par MM. Colin et H. Gaultier de Claubry, lu à la première classe de l’Institut, le 21 mars 1814, pages 87-100.

Id. Expériences sur l’iode par M. Vauquelin. Lu à la Société philomathique, le 4 juin 1814, pages 206-222; suite pages 239-251.

Tome XCI. Note sur quelques combinaisons de liode, par M. Colin, répétiteur à l'Ecole polytechnique, lue à l’Institut le 27 décembre 1813, pages 252-272.

Tome XCII. Mémoire sur l’iode, par M. Humphry Davy, traduit par le professeur de La Rive. Extrait de la Bibliothèque britannique, pages 89-116.

Tome XCII. Recherches sur l'existence de l'iode dans l'eau de la mer et dans les plantes qui produisent la soude de varecks, el analyse de plusieurs plantes de la famille des algues, par M. Gaultier de Claubry, pages 75-110; suite pages 113-137.

Tome XCVI. Expériences sur un composé solide d’iode et d’oxigène el sur ses propriélés chimiques, par Humphry Davy, lu à la Société royale le 20 avril 1815. Traduit de l'anglais par M. Despretz, pages 289-305.

Mémoires de l’Institut.

Première série, tome XIV, années 1813-1815. Analyse des travaux de l’Académie des sciences pendant l'année 1813, par M. le chevalier Cuvier, secrétaire perpétuel. Physique et Chimie, 1808-1815, page CXXIV.

Première série, tome XIV, années 1813-1815. Analyse des travaux de l’Académie des sciences pour l'année 1815 (partie Physique), par M. le chevalier Cuvier, secrétaire perpétuel, page cLxn1.

Journal de physique, de chimie, d'histoire naturelle et des arts.

Tome LXXVII, 1813, pages 466-470. Note sur une nouvelle subslance oblenue des cendres de varec. (Extrait du Moniteur.)

Bulletin de pharmacie.

Première série, 1813, tome V, pages 571-572. Note sur une importante découverte en chimie.

Première série, 1814, tome VI, pages 31-33. Suile des expériences chimiques sur l’iode ou la nouvelle substance découverte par M. Courtois.

D'un renvoi publié à la suite de ce dernier travail, nous détachons les lignes que voici :

Nous avons reçu cette réclamation de M. Frémy, pharmacien à Versailles, au sujet de l'auteur de la nouvelle découverte à

€...Il me semble qu'on ne rend pas à M. Courtois ce qui lui est dû. On le présente comme un salpêtrier qui a trouvé une substance particulière sans en étudier en aucune manière la nature et les propriétés.

» Il n’en est cependant pas ainsi. Il y a près d’un an que M. Courtois me remit un échantillon de la substance qu’il avait

obtenue à cette époque; il connaissait déjà plusieurs de ses propriétés ; il avait fait quelques-unes des expériences indiquées par MM. Clément et Desormes, et il se proposait d’en faire encore plusieurs autres.

» Je serai toujours flatté d’avoir présenté M. Courtois, non pas comme un lessiveur de platras, mais comme un fabricant qui possède toutes les connaissances chimiques nécessaires pour agrandir la profession qu'il exerce. »

Courtois n'avait eu garde d'oublier les pharmaciens. On peut lire dans le Journal de pharmacie (1814, p. 31) que « l'iode étant devenu un sujet de recherches pour tous les chimistes, M. Courtois prévient qu'il en a déposé chez MM Vallée et Baget, pharmaciens de la rue Vieille-du- Temple et de la rue Saint-Victor ». Le modeste Courtois était aussi libéral que Gay-Lussac était peu plagiaire. Dans cette affaire, ils se conduisirent l’un et l’autre, et chacun dans son rôle, en vrais fils de la France, toujours généreuse, prodigue et magnanime quand il s’agit de répandre dans le monde ses découvertes et ses idées.

Je n'aurais rien à ajouter à tout ce qui vient d’être dit sur les travaux de nos savants, si je ne tenais à citer la très belle conférence faite à Dijon, lors du centenaire de la découverte de l’iode, le 9 novembre 1913, par M. Camille Matignon, professeur au Collège de France. À cette occasion solennelle, le distingué professeur de chimie exposa, en termes des plus heureux, l'histoire de l’iode depuis sa découverte par Courtois jusqu’à nos jours. Il sut rendre attrayante et agréable cette instructive et belle leçon écoutée et applaudie par un auditoire choisi et particulièrement intéressé. L’orateur passa en revue les divers procédés employés depuis un siècle dans l'extraction de l'iode et exposa les conséquences de la découverte de Courtois tant par l'utilisation de l’iode en thérapeutique, que dans son application à la photographie et à diverses industries.

Cette conférence fut un éclatant hommage rendu par un savant à la mémoire du célèbre salpêtrier dijonnais.

On en retrouvera l'écho dans la Revue générale des Sciences (n° du 30 mai 1914) où M. Camille MATIGNON a résumé, en quelques pages, les points essentiels de sa conférence. Il Y passe de nouveau en revue les premières applications de l’iode, les débuts de l’industrie, l'iode des varechs, l’iode du salpêtre chilien, pour conclure par quelques vues personnelles sur l'avenir de cette industrie, où il apparaît comme probable qu’elle reviendra aux collecteurs d’iode de la mer, varechs et sans doute animaux marins, chez lesquels on a, dit-il, reconnu souvent, dans ces dernières années, des teneurs en jiode fort élevées. Certaines éponges tropicales contiennent, en effet, de 8 à 14 pour 100 de ce corps.

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